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Ernest Bergez, alias Sourdure

Sourdure: "Je chante comme je joue du violon, et vice-versa"

59 min
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Ernest Bergez, alias Sourdure, compose des morceaux électro-acoustiques inspirés du répertoire traditionnel occitan qu’il réactualise. Son second album L’esprovà sort le 25 mai aux Disques du Festival Permanent et sur le label Pagans.

Ernest Bergez, alias Sourdure
Ernest Bergez, alias Sourdure Crédits : Eloïse Decazes

Je sais que toutes celles et ceux qui étaient là s’en souviennent. Je sais que celles et ceux qui ont ouvert leurs sacs en silence pour se faire contrôler à l’entrée du Divan du monde le 17 novembre 2015 à Paris s’en souviennent. Nous fûmes nombreuses et nombreux quand retentirent les premiers sons de machines, les premières notes de chant, et de violon, à être traversés de frissons. Plein de concerts avaient lieu partout en France, nous étions 4 jours après les attentats de Paris et de Saint Denis, partagés entre un immense froid dans le cœur, et la joie comme reprise à son début, de pouvoir danser ensemble dans une salle pleine. Ce soir-là Ernest Bergez ouvrait le bal, sous le nom de Sourdure, pour l’un de ses projets personnels. Sous ce nom toujours, paraît son nouveau disque L’Espròva, sous le label Pagans et les Disques du Festival Permanent. Et l’émotion est intacte. 

Ce disque s’appelle, l’Espròva, l'épreuve parce qu’il en a été une d’un point de vue personnel. Faire un deuxième disque n’est pas facile. Ce que j’ai traversé est une épreuve qui dure plusieurs années, un processus de maturation lente, un passage vers une deuxième forme, un deuxième monde.

La chanson traditionnelle, c’est aussi de l’invention, prendre des risques. Il faut renvoyer la balle, remettre des pièces dans le jukebox. On ne peut pas répéter éternellement les choses, on les transforme. 

La musique à danser auvergnate m’a donné la motivation de travailler le violon. C’est ce que je visais: réussir à jouer des bourrées, faire danser les gens avec mon violon et se lever la poussière.

Apprendre la langue était quelque chose de vital sur le plan psychique. C’est comme d’avoir un espace de pensée qui soit dédié à la construction, à l’envie d’aller vers le monde. Un espace de partage possible, d'hypothèses de mondes possibles. Je sentais quelque chose de providentiel, quelque chose de la providence intime. 

L'Esprovà
L'Esprovà

J’ai l’impression que maintenant, en Auvergne, quand on soulève une pierre on trouve un occitanophone, ou au moins quelqu’un qui l’a déjà entendu. 

  • Sourdure, L'Entendu (extrait de L'Espròva)
  • Sourdure, Oiseau creusé  (extrait de L'Espròva)
  • Sourdure, Joana d'Aime (extrait de La Virée)
  • Alan Lomax, Prison songs (historical recordings from Parchman Farm)
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