LE DIRECT
Boris Charmatz

Boris Charmatz : "La danse est le médium qui permet de réfléchir à comment vivre ensemble"

43 min
À retrouver dans l'émission

Nous recevons le chorégraphe et danseur Boris Charmatz mis à l’honneur au Festival d’Automne pour parler de sa création "La Ronde" mais également afin d’aborder les problématiques liées au spectacle vivant durant cette période de pandémie.

Boris Charmatz
Boris Charmatz Crédits : Sébastien Dolidon

Après 120 ans d’une vie trépidante, le Grand Palais, nécessite une importante restauration. Plus d’un siècle après sa création, il entre aujourd’hui dans une nouvelle phase de son histoire. Au début de l’année 2021, il fermera momentanément ses portes pour entamer de grands travaux de restauration. Boris Chamatz est l’artiste qui a été invité pour imaginer une création susceptible de marquer cette nouvelle étape de la vie du Grand-Palais. 

La ronde sera diffusée le 12 mars sur France TV

Répétition de l'événement Boris Charmatz
Répétition de l'événement Boris Charmatz Crédits : Marc Domage

Extraits de l'entretien

Je dis souvent que pour moi, la danse c’est un espace mental: elle a lieu avant que je m’endorme. Quand je somnole, j’imagine des spectacles, il y a beaucoup de choses qui me passent par la tête. En ce moment, on n’a plus le droit de danser, de faire la fête et de se réunir. Moi, j’aime les grands événements qui rassemblent beaucoup de public et d’artistes, de manière très horizontale, et c’est vraiment le type de chose qu’on ne peut plus faire. Mais du coup, on se rend compte que ce n’est pas parce qu’on ne peut plus le faire qu’on en rêve pas, au contraire, on en rêve encore plus. On continue d’avoir envie de danser, d’autant plus qu’on en est privé. Boris Charmatz 

Au départ, pour le projet au Grand Palais, on voulait faire une tempête, on voulait travailler une chorégraphie, une tempête de gestes avec 400 personnes, qui allaient transpirer, improviser, courir dans tous les sens et c’est exactement ce qu’on n’a pas pu faire. Alors, on a basculé vers ce projet de La ronde, qui est en fait, un protocole que j’adore. Il est fait de dix scènes avec des couples, qui forment une chaîne humaine, comme une chaîne de transmission, à l’époque du texte, de transmission de la syphillis. Aujourd’hui, la grande peur c’est la transmission d’autres virus. Ce qui est très beau, c’est qu’il s’agit d’un désir et d’un amour, qui traverse toutes les couches sociales. On a ressenti la nécessité d’essayer de fabriquer ces couples qui sont complètement ouverts sur le social, parce qu’ils se transmettent les uns aux autres une forme de désir qui continue et se referme dans une boucle infinie de douze heures. Boris Charmatz 

Par le sensible, il y a du politique. Le danseur, n’est pas seulement politique quand, il prend la parole. Dans la manière dont on agence les corps, dont on les fait finalement parler, il y a des questions politiques qui sont posées, ou en tout cas, qui circulent. Boris Charmatz

Archives

Jean-Louis Hourdin, Festival Avignon, 1989 

Anton Walbrook chante dans « La ronde » De Max Ophuls 

Jacques Rancière, émission A voix nue, 2011

Musique de fin

Madben, Grief Dance To Death

Prise de son

Ludovic Auger

Intervenants
  • Danseur, chorégraphe et directeur du Musée de la danse à Rennes.
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
À venir dans ... secondes ...par......