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Sébastien Lifshitz

Sébastien Lifshitz : "Pour moi, filmer est lié à un sentiment d’amour"

42 min
À retrouver dans l'émission

Après "Les invisibles" , "Bambi" , et "Les vies de Thérèse", le réalisateur Sébastien Lifshitz revient avec "Petite fille", documentaire tourné en 2020 pour la chaîne Arte, qui suit le quotidien et le combat d’une petite enfant transgenre et de sa famille.

Sébastien Lifshitz
Sébastien Lifshitz Crédits : DR

Durant le montage fleuve du film Adolescentes, Sébastien Lifshitz a tourné pour la chaîne Arte, Petite fille, un documentaire dont l’histoire se concentre autour de Sasha et de sa famille et raconte, l’espace d’une année, la vie de cette petite fille de 7 ans, née garçon.

Petite fille, est  disponible sur Arte.tv jusqu’au 30 janvier 2021,  et Adolescentes,  vient de sortir en DVD & Blu-ray.

Petite fille de Sébastien Lifshitz
Petite fille de Sébastien Lifshitz Crédits : Arte

Extraits de l'entretien

Sasha est une enfant qui a une parole assez verrouillée, on sent qu’elle a peur de prendre la parole, et de dire les choses. Il faut se rendre compte que c’est une enfant de sept ans, qui n’a pas de discours sur elle-même. Elle n’a pas beaucoup plus de choses à dire que l’évidence de son identité de petite fille. En fait, ce n’était pas tant son discours qui m’intéressait, c’était de la regarder être avec l’évidence de ce qu’elle est ans son quotidien, et voir comment, petit à petit, les autres la comprennent et l’accompagnent. Ma grande surprise a été de voir qu’au-delà de l’acceptation totale et de l’amour inconditionnel que sa famille lui portait, sa revendication provoquait une multitude de questionnements et d’hostilités. Sébastien Lifshitz

J’ai toujours eu envie d’aller à la rencontre d’histoires et de personnes, dont le parcours et la construction ont souvent été complexes et difficiles, et qui ont dû se confronter à beaucoup de résistance. Peut-être que ça crée un écho à ma propre histoire, parce qu’être ce que l’on, est une construction, mais c’est quelque chose qui vient s’opposer à des normes, à des regards et à des autorités. Il y a forcément derrière cela, une lutte qui se met en place, en premier lieu avec soi-même : est-ce qu’on arrive à accéder à ses désirs, à accomplir ce qu’on ressent au plus profond de soi ? C’est très difficile pour beaucoup de personnes, notamment pour les personnes transgenres, qui sont souvent incomprises et regardées avec une certaine malveillance. Pour moi, faire ce film était une façon de faire comprendre ce qui peut se passer au plus profond d’un être, à un âge si jeune.  Avec la caméra, j’essaie toujours de m’approcher au plus près, et d’être avec les gens que je filme. Je suis avec eux, et j’essaie de les raconter de la manière la plus personnelle et empathique possible. Sébastien Lifshitz

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Beaucoup de parents qui ont des enfants transgenres sont complètement perdus. Il faut savoir qu’il n’y a aucune institution vers laquelle se tourner. Ils sont seuls, avec toutes ces questions, et avec l’angoisse de savoir s’ils agissent bien ou pas, s’ils ont le droit d’autoriser ou non. Quand je vois la mère de Sasha, je vois à la fois, toute sa détresse, son épuisement, et en même temps, toute sa colère, par rapport à ce qu’elle entend parfois à l’école, de ce qu’on sous-entend sur le fait qu’elle élève mal Sasha, et que si Sasha subit ce trouble, c’est qu’elle en est forcément la cause. Les mères sont toujours les premières à être mises en cause dès qu’un enfant a un comportement qui n’est pas dans la norme, ou, en tout cas, qui pose question. D’un côté, ça la révolte, mais en même temps, ça lui pose aussi question, parce qu’elle n’arrive pas à comprendre véritablement pourquoi ce trouble identitaire arrive à son enfant, qui jusqu’à l’âge de trois ans, vivait normalement dans on identité de naissance. Sébastien Lifshitz

Je savais que très vite, en faisant le portrait de Sasha, une enfant si jeune, j’allais forcément raconter ce qui est juste derrière, à savoir ses parents, et en l’occurrence, sa mère et du duo qu’elles allaient formé ensemble. Mais le film est aussi le portrait de la famille. Chacun prend la parole, existe à sa manière. Je trouve que c’est une famille incroyable, dans laquelle il y a une cohésion, une solidarité autour de Sasha que je trouve extraordinaire, et qui m’a saisi. Sébastien Lifshitz

Lecture

Paul B.Preciado, Un appartement sur Uranus (éditions Grasset)

Archives

Paul B. Preciado, émission "Par les temps qui courent", France Culture, 2019

Coline Cardi, émission "Un Podcast à Soi n°23 : Le pouvoir des mères"

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Références musicales

France Gall, C’est pas facile d’être une fille

Véronique Sanson, J’ai l’honneur d’être une fille

Prise de son

Jakez Hubert 

Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
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