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André Marcon

André Marcon :"L'acteur ne doit pas trop savoir ce qu'il fait"

46 min
À retrouver dans l'émission

Nous recevons le comédien pour la pièce "Avant la retraite", de Thomas Bernhard mise en scène par Alain Françon, qui se joue au théâtre de la Porte Saint-Martin jusqu’au 15 novembre 2020.

André Marcon
André Marcon Crédits : Jean-Louis Fernandez

Après la retraite se déroule le 7 octobre, jour de la naissance de Himmler, auquel Rudolf, ancien officier nazi reconverti en respectable président de tribunal voue une admiration sans faille. Chaque année, il célèbre cet anniversaire comme il se doit entraînant sa soeur Vera dans un duo d’amour-haine hallucinant. Tout est prêt, l’uniforme, les accessoires, le repas... Cette grande plongée orgiaque dans le passé pourrait donner lieu à un bonheur idyllique, sans la présence de sa seconde soeur, Clara, qui les observe, enfermée dans son silence. 

A noter qu’en raison des nouvelles mesures sanitaires, les représentations ont lieu le vendredi à 18h, le samedi à 17h et le dimanche à 16 h. 

"Avant la retraite" de Thomas Bernhard, Théâtre de la porte Saint-Martin, 2020
"Avant la retraite" de Thomas Bernhard, Théâtre de la porte Saint-Martin, 2020 Crédits : Jean-Louis Fernandez

Extraits de l'entretien

Avec Alain Françon, le metteur en scène, il y a eu un très gros travail sur le texte de Thomas Bernhard, sur son architecture, la langue et le style, qui est quand même particulier chez cet auteur. Chez Thomas Bernhard, il n’y a pas de ponctuation, hormis, parfois, une majuscule en début de vers, pour indiquer que ça redémarre, et qu’il y a un point final qui précède. On a étudié le texte avec minutie et grand soin. Il y a des lois dans les textes de théâtre, des pièges aussi, et le piège, ce serait peut-être d’en faire une conversation très banale. Chez Thomas Bernhard, il faut trouver tout de suite le moyen d’être immédiatement à la bonne dimension, et trouver la force et la précision clinique de ce qui est énoncé. André Marcon

"Après la retraite" , n’est pas seulement une pièce sur la résurgence, ou la persistance du nazisme en Allemagne, il y a nombres de phrases qui sont dites par les personnages qui pourraient être dites aujourd’hui. Tout l’art de Thomas Bernhard est d’introduire chez ses personnages épouvantables des choses qui sont pertinentes. On est à la fois, dans l’horreur et le comique, le drame familial et le grotesque, l’auteur joue sur plusieurs facettes. Chez Thomas Bernhard, il y a toujours une surprise en réserve, il y a des ruptures, des choses inattendues : sa phrase contient une telle énergie, que c’est inépuisable et ça nous pousse à réinventer le texte chaque soir. Le théâtre de Thomas Bernhard est une mine d’une richesse invraisemblable, sur le plan du sens, comme sur le plan poétique. André Marcon

 Le théâtre de Thomas Bernhard, c’est un théâtre de la destruction, le but c’est de détruire l’autre, ou de se plaindre que l’on est soi-même de la destruction. Il y a ce côté victime et bourreau en même temps. André Marcon

Pour l’acteur, il faut arriver par un long travail, à tellement assimiler et incorporer le texte, qu’au lieu de le suivre, d’être derrière et lui courir après, c’est le texte qui court derrière lui. Ca suppose beaucoup de travail préalable, avant, et dans les répétitions, ce qui fait que, durant les représentations, la liberté vient du fait d’avoir totalement oublier le texte. André Marcon

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Archives

Michel Bouquet, émission Synergie, France Inter, 1999

Fanny Ardant, émission A voix nue, France Culture, 2016

Catherine Hiegel, émission La nuit rêvée de, France Culture, 2017

Jean Dasté, émission Mémoires du siècle, France Culture, 1992

Références musicales

Beethoven, Symphonie n°5, direction : Alain Lombard

Jay Jay Johannson, Smoke

Prise de son

Valérie Lavallart

Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
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