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Anne Révah

Anne Révah : "Il fallait tisser quelque chose d’autre que la brutalité des souvenirs"

42 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir nous recevons l'autrice et pédopsychiatre Anne Révah pour la parution de "L'intime étrangère" aux éditions Mercure de France

Anne Révah
Anne Révah Crédits : © Alice Joulot

L’écrivaine publie L’intime étrangère aux éditions Mercure de France. Dans ce roman elle fait le récit de la vie de Suzanne Reinhold, psychiatre, frappée du « syndrome de Cotard », une mélancolie psychotique qui amène à nier sa propre existence. Ce roman est le portrait d’une femme en reconstruction après le choc de la maladie et des traitements. Anne Révah est autrice et pédopsychiatre, L'intime étrangère est son sixième roman.

Extraits de l'entretien

Cette femme va réapparaître à l’issue de cette traversée parce qu’il y a quelque chose de vivant qui résiste. Brutalement, d’ailleurs sans pouvoir imaginer qu’un jour ça lui arriverait parce qu’il n’y a aucune raison que ça lui arrive, elle est emportée, dépassée, elle perd totalement le contrôle. Le monde se transforme, sa pensée et ses sensations se désorganisent. Elle part délirer jusqu’à ne plus du tout percevoir la réalité de sa propre existence. Mais elle va revenir, c’est pour ça que c’est un voyage, car les voyages on en revient avec des bonnes choses, même si la traversée a des caractéristiques parfois effrayantes. Elle revient infiniment humaine et infiniment vivante. Anne Révah

Pour l’expérience de Suzanne, le « tu » pour moi était comme quand on s’adresse à soi-même dans certains moments de solitude où on a envie de se dire : « Est-ce que tu te rends compte de ce que tu es en train de dire ? De ce que t’es en train de faire ? ». Pour se regarder en face : « Tu vois un peu là ? Tu vois un peu ce qui se passe ? » Et le « tu » dans le texte c’était ça, c’était que Suzanne dise : « T’as vu un peu ce que tu as vécu ? Regarde-le. »  
Avec un autre mouvement : celui ou celle qui lit le roman va aussi se demander si ce n’est pas lui qui vit tout ça. Parceque le « tu » peut emporter le lecteur comme si c’était à lui qu’on s’adressait. Et dans ce monde tellement étrange, tellement impossible à décrire, ça permettait d’emmener le lecteur jusqu’au bout de l’expérience : il peut la vivre aussi, il peut l’éprouver. Le « tu » c’est « toi le lecteur ». Anne Révah

Archives

Georges Perec, émission "Images et visages du théâtre d'aujourd'hui", France Culture, 1970

Hélène Cixous, émission "Art et esthétique", France Culture, 1970

Lectures de L'intime étrangère, Anne Révah, Editions Mercure de France, 2021

Références Musicales

Cali, "La mélancolie"

Katie Melua, "A moment of madness"

Prise de son

Marie-Claire Ouma Bady

Bibliographie

Couverture Intime étrangère

L'intime étrangèreAnne RevahMercure de France, 2021

Intervenants
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