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Jean Rolin

Jean Rolin : "Il m'est indispensable d'être attentif aux détails"

43 min
À retrouver dans l'émission

Le dernier roman de Jean Rolin "Le pont de Bezons" paraît aux éditions P.O.L. L'occasion d'évoquer en sa compagnie, son goût pour l'observation, son plaisir à déambuler, et l'importance qu'il porte aux détails.

Jean Rolin
Jean Rolin Crédits : Hélène Bamberger/P.O.L

« Heureux qui a vu le jour se lever sur le pont de Bezons ». C’est la première phrase du roman de Jean Rolin, dont le projet consiste « à mener sur les berges de la Seine, entre Melun et Mantes des reconnaissances aléatoires, au fil des saisons, dans un désordre voulu ». Mais très rapidement ces déambulations prennent des allures de petite odyssée sur les berges du fleuve, au cœur de banlieues bousculées, parcourant des espaces fracassés, des friches et des zones industrielles.Sous le regard aigu de l'écrivain, le chaos de ce monde périphérique révèle également un mystère : la présence de toute une vie sauvage et animale nichée souvent dans des lieux improbables.

Extraits de l'entretien

Vu le caractère assez largement descriptif de ce que j'écris, il est indispensable d'être très attentif aux détails, y compris aux détails apparemment ridicules, et qui moi, me paraissent importants. Si je suis très attentif, c'est lié sans doute à mon goût de l'observation des oiseaux, qui implique une grande précision, pour distinguer une espèce d'une autre, ce que la plupart des gens ne font pas : c'est la raison pour laquelle, ils pensent que tous les oiseaux se ressemblent, ou qu'il n'y a en France qu'un petit nombre d'espèces d'oiseaux. En fait, il y en a énormément, dès lors qu'on apprend à les distinguer. Jean Rolin

C'est cette faculté d'attention qui fait que je repère des choses, vers lesquelles je reviens par la suite pour écrire. Quand je me déplace pour écrire, j'ai un carnet et je prends des notes de temps en temps, évidemment l'attention est plus aiguisée, quand il y a une idée d'écriture derrière. Il faut toujours être attentif, en tout cas, si on a le désir d'écrire ce genre de choses. Bien entendu, dans tout ça, ce à quoi je suis attentif, ce sont les gens. Jean Rolin

Dans un livre, la découverte de la première phrase est extrêmement importante. Pour ce livre, la première phrase entraîne le titre. Si je n'avais pas eu l'idée de cette phrase absurde, j'aurai surement fait l'effort de trouver un autre titre. C'est toujours difficile ce commencer un livre, et peut-être encore plus difficile de le finir. Jean Rolin

Je ne pense pas que mon livre sue le malheur, bien qu'il reflète certaines formes du malheur humain : j'espère que c'est un livre raisonnablement joyeux. Ce que j'éprouve en me promenant, et c'est d'ailleurs pour cela que je le fais aussi, c'est généralement un sentiment de paix, avec parfois, une légère appréhension dans certains endroits, et parfois un certain enthousiasme. Jean Rolin 

Archives

Jean-Christophe Bailly, émission "L'heure bleue", France Inter, 2018

Ludwig Koch, émission "La musique du printemps", RTF, 1963

Jean Echenoz, émission "Par les temps qui courent", France Culture, 2017

Références musicales

Josepha Mougenot et Jérôme Suzat, Nageki no yanagi

Jeff Beck, Blackbird

Prise de son

Philippe Thibault

Bibliographie

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