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Gabrielle Filteau-Chiba

Gabrielle Filteau-Chiba : "Cette cabane était autant une prison qu’un refuge"

42 min
À retrouver dans l'émission

Nous recevons Gabrielle Filteau-Chiba, romancière québécoise et militante de la cause environnementale, pour la parution en France de son premier roman "Encabanée" aux éditions Le mot et le reste.

Gabrielle Filteau-Chiba
Gabrielle Filteau-Chiba Crédits : DR

Traductrice de formation, Gabrielle Filteau-Chiba a quitté le confort d’une vie citadine dans sa ville natale de Montréal, pour vivre durant trois ans dans les conditions les plus rudimentaires d’une cabane sans eau et sans électricité, perdue dans les forêts du Kamouraska. Encabanée, son premier roman (et premier volet d’un triptyque), est né de cette expérience extrême qui l’a marquée et profondément transformée.

Dans Encabanée, Gabrielle Filteau-Chiba livre le portrait d’Anouk qui, lassée de participer au cirque social et aliénant qu’elle observe quotidiennement à Montréal, quitte son appartement pour une cabane rustique et un bout de forêt au Kamouraska, là où naissent les bélugas. Encabanée dans le plus rude des hivers, elle apprend à se détacher de son ancienne vie et renoue avec ses racines.

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Extraits de l'entretien

Anouk, le personnage principal de mon roman est un peu mon alter ego. Au début, il s’agissait de mon journal intime, que j’ai romancé pour le publier. Je vivais une vie très rangée et normale, j’avais de la réussite, un diplôme et une carrière très prometteuse, un copain et un magnifique appartement. Je me suis dit que je pouvais continuer comme ça toute ma vie, travailler à temps plein, payer mes factures, avoir quelques moments de liberté, ou bien vendre tout ce que j’avais et avoir une vie plus frugale mais être libre de mon temps. A ce moment-là, je n’avais pas d’aspiration littéraire, mais tout ce que je voulais c’était être maître de ma vie, être dans la nature, marcher pendant des heures, rencontrer des animaux et dessiner des flocons de neige. Ce désir de m’arracher au moule avait quelque chose d’enfantin, mais en fait, cela m’a permis de plonger dans ma propre vie d’adulte et de définir mon propre avenir, et cela passait par la nature et les arts. Gabrielle Filteau-Chiba

Encabanée, le titre de mon roman, m’en venu parce que je voulais évoquer le double sens du mot cabane qui est autant une prison qu’un refuge. Je l’ai vécu comme ça, parce qu’il y a eu des moments de très grandes difficultés, mais ils m’apportaient parallèlement des enseignements très précieux. Si je n’avais pas eu autant de nuits d’insomnie à surveiller le poêle, je n’aurais pas vu les animaux nocturnes, pu me connecter à ce point avec la nature et vaincre mes peurs. Au début, j’étais terrorisée, j’avais peur du froid, du noir, des coyotes dehors, et c’était terrible de n’avoir personnes à qui parler pendant des semaines et des mois, je n’avais pas de réseau cellulaire, donc je ne pouvais pas appeler mes parents si je me faisais mal : c’était vraiment un moment de pure débrouillardise, et ça ne m’était jamais arrivé avant. En fait, dans "Encabanée", j’ai voulu raconter peut-être le pire moment, qui est en même temps celui où la sagesse m’est venue. Gabrielle Filteau-Chiba

Anne Hebert m’a appris qu’on avait le droit d’écrire le québécois, d’assumer nos accents, nos expressions, qui, à l’université, étaient qualifiées de barbarismes ou de régionalismes. Or, pour moi, ce sont des perles. Dans cette cabane, je me suis donné le droit d’être à cent pour cent moi-même, c’est vraiment une mise à nu, parce qu’oser envoyer un manuscrit avec une plume différente, un manuscrit qui n’est pas en français standard, c’était gênant, mais c’est finalement ce qui en fait le charme : on entend ma voix, et j’ai été très heureuse qu’on me laisse ma couleur. Gabrielle Filteau-Chiba

Archives

Anne Hebert, émission "Ecrivains étrangers de langue française", France Culture, 1970

Maylis de Kerangal, émission "Les masterclasses", France Culture, 2020

Références musicales

Enregistrements sonores de Bernard Charon

Nils Frahm, Sweet little lie

Mix Lmb Olaf Arnalds, For now I am winter

Lhasa de Sela, Fish and Land

Prise de son

Anthony Thomasson

Bibliographie

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EncabanéeGabrielle Filteau-ChibaLe mot et le reste, 2021

Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
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