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Mathieu Lindon / Hervé Guibert en 1988

Mathieu Lindon : "Plus on aime, plus on a de capacité à aimer"

43 min
À retrouver dans l'émission

Nous recevons l’écrivain pour la sortie de "Hervelino" aux éditions P.O.L, un récit autobiographique dans lequel il relate sa rencontre et son amitié avec Hervé Guibert, alors qu’ils étaient pensionnaires à la Villa Médicis à Rome dans les années 80.

Mathieu Lindon / Hervé Guibert en 1988
Mathieu Lindon / Hervé Guibert en 1988 Crédits : Hélène Bamberger-P.O.L / Ulf Andersen - Getty

Mathieu Lindon est écrivain et journaliste. En 1978, il rencontre Hervé Guibert, qu'il surnomme Hervelino dès le début de leur relation. Ils passent deux ans à Rome à la fin des années 1980 où chacun d'eux est pensionnaire à la Villa Médicis. Mathieu Lindon évoque ces années romaines dans ce récit autobiographique qui porte avant tout sur la difficulté d'écrire et de raconter celui qui est aimé et admiré.

Ecrire sur la joie et non sur le chagrin

Ce livre paraît 29 ans après la mort d’Hervé Guibert, et je crois que j’ai compris pourquoi j’avais mis tant de temps à l’écrire : Je ne peux pas écrire sur le deuil. Parfois j’éprouve de l’envie, presque le la jalousie, envers des auteurs qui arrivent à écrire très rapidement après un deuil, parce que je me dis que si ça peut leur faire du bien, alors tant mieux, mais pour moi, si on écrit rapidement, le livre ne peut pas être à la hauteur du chagrin. Je me suis rendu compte que je ne voulais pas écrire sur le chagrin. Je ne fais pas des livres de deuil, même concernant les êtres les plus proches, j’écris sur la joie de les avoir connus, que ce soit Michel Foucault ou Hervé Guibert. Hervelino, c’est la joie d’avoir connu Hervé, la joie qu’on avait à être ensemble. Pour que la joie, après la mort d’un être aimé soit le sentiment dominant, il faut du temps : il faut du temps pour que le chagrin ne fasse plus le match. Mathieu Lindon, écrivain

Les années romaines

J’ai voulu décrire quelque chose de notre relation, c’est pour cela que je me suis cantonné aux années romaines, parce que je ne pouvais pas décrire la totalité de notre relation, c’était trop compliqué, trop lourd, et je ne me suis pas senti de le faire. J’ai mis du temps à comprendre que notre relation était spéciale, et que cela avait du sens de ne raconter que cette période. Ca m’épargnait de raconter ce qu’on raconte d’habitude de l’amitié. Mathieu Lindon, écrivain

La fidélité comme hédonisme

Pour moi, la fidélité n’est pas un effort, si c’est un effort, ce n’est plus de la fidélité. Il y a des êtres que j’ai aimés, que j’aime, alors je fais ce qui est le mieux pour moi et pour eux. D’où le sujet de la fidélité sexuelle, ce n’est pas de la fidélité, c’est de l’exclusivité : que dirait-on d’un ami qui ne voudrait pas qu’on ait d’autres amis ? Ce n’est pas une vertu d’être fidèle, c’est un hédonisme. Ca me plaît d’être fidèle, c’est la moindre des choses, et c’est le cours de la vie : je suis fidèle à mon amour. Mathieu Lindon, écrivain

Archive

Hervé Guibert, émission Les guetteurs du siècle, 1990

Références musicales

Tsirihaka Harrivel & Vimala Pons, Rome yamaha 

Giogio Poi, Estate

Prise de son

Laurie Vachon

Bibliographie

Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
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