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Portrait Marie-Pierre Brébant

Marie-Pierre Brébant : "J’ai le désir de montrer la musique de manière différente, d’y mettre le mouvement qu’elle mérite"

42 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir nous recevons l'artiste musicienne Marie-Pierre Brébant pour évoquer sa pratique iconoclaste de la musique baroque à travers son spectacle «Symphonia Harmoniae Caelestium Revelationum».

Portrait Marie-Pierre Brébant
Portrait Marie-Pierre Brébant Crédits : © Fanchon Bilbille

Spécialiste de la musique baroque, l'artiste musicienne Marie-Pierre Brébant s’est affranchie d’une formation classique pour mener un parcours proche de la performance et de la danse. Comme avec « Radio Vinci Park » de Théo Mercier en 2018 où elle interprétait au clavecin la bande son d’un rituel « motomachique », parade amoureuse entre un homme et une cylindrée. Ou plus récemment «Symphonia Harmoniae Caelestium Revelationum», spectacle où elle revisite à la bandura, instrument traditionnel ukrainien, en duo avec le danseur François Chaignaud, 69 psalmodies de la sainte bénédictine du XIIème siècle Hildegarde de Bingen. 

Symphonia Harmoniae Caelestium Revelationum
Symphonia Harmoniae Caelestium Revelationum Crédits : © Charles-Alexandre Englebert

« Symphonia Harmoniæ Cælestium Revelationum » sera repris le 13 septembre 2021 à la Fondation Cartier (Paris), du 19 au 25 novembre 2021 aux Pays-bas, dans le cadre du festival Explore the North ainsi que De Grote Kerk à Leeuwarden. Un disque est en préparation. 

Symphonia Harmoniae Caelestium Revelationum
Symphonia Harmoniae Caelestium Revelationum Crédits : © Anna Van Waeg

« Radio Vinci Park », pièce de Théo Mercier et François Chaignaud, avec François Chaignaud, Cyril Bourny à la moto et Marie-Pierre Brébant au clavecin et arrangements musicaux sera jouée du 29 au 31 octobre 2021 à la Filature de Mulhouse et les 16 et 17 novembre 2021 au TNB de Rennes.

«  Piège à loup », performance  de la Cie du Zerep (Sophie Perez et Xavier Boussiron), avec Stéphane Roger, X.Boussiron, Julien Tiberi et Marie-Pierre Brébant au keytar (groupe Courtoisie) sera présentée le 24 juin 2021 dans le cadre du festival « Discotek » à Bordeaux.

Enfin le spectacle « Chouiner » sur des chansons de Pascale Murtin (Cie Grand Magasin) pour voix, guitare et clavecin aura lieu le 9 octobre 2021 à l’Echangeur, CDCN de Chateau-Thierry.

Extraits de l'entretien

Pour donner le caractère d’une pièce, une pièce pour clavier, on donne des indications de danse. Si vous regardez les suites françaises ou les suites anglaises de Bach ou les suites de Louis Couperin on va commencer par une allemande après une courante, une sarabande, une gigue, il y a plein de sortes de danses… Ça m’intriguait et je me demandais quel caractère donner aux pièces instrumentales et comme j’avais une formation de danseuse classique, peut-être plus facilement que d’autres instrumentistes, je me suis intéressée aux danses anciennes et il s’est trouvé que j’ai eu la chance de rencontrer des musiciens et des professeurs de danse anciennes formidables et donc j’ai appris les danses baroques renaissance italienne, espagnole, française, tout le bouquet. Ça m’a beaucoup intéressée et ça m’a aidée à interpréter ce répertoire bien sûr. Je pressentais qu’il fallait le ressentir physiquement pour bien le jouer. Surtout quand on est au clavier, parcequ’au clavier on a très peu de contact avec l’instrument en fait, c’est juste le bout du doigt. Pour trouver l’enracinement, pour arriver à faire vibrer l’instrument, le corps, à bien jouer la musique, c’est très physique. Marie-Pierre Brébant

J’étais dans le métro quand j’ai entendu pour la première fois ce son que j’ai suivi sans voir l’instrument, je ne savais pas du tout ce que c’était, je me disais : « C’est une cithare ? Une harpe ? ». Et j’ai découvert cet instrument, la bandura, qui a le point commun avec le clavecin d’avoir des cordes en métal, donc il y a toujours le bois et le métal, l’acide et la rondeur, le tendre et la dureté. C’est un instrument qui est originellement fait pour accompagner les chants traditionnels ukrainiens. Il vient, on pense de Turquie, au départ c’était un luth turc dont la facture s’est transformée petit à petit, on a augmenté le nombre de cordes, au début on le tenait comme un luth et on l’a basculé pour le tenir de profil. Les cordes de basse se jouent à la main gauche et les cordes mélodiques à la main droite. Pour une claviériste comme moi c’est un peu le même protocole de jeu, les notes se suivent, ce n’est pas trop dépaysant. Le point commun avec le clavecin c’est que ce sont des instruments un peu trompeurs : on a l’impression qu’ils sont fragiles et délicats quand on les voit. En fait, ce sont des instruments très rustiques, rugueux. Par exemple, la bandura était jouée par les Cosaques, des soldats, pas du tout ce qu’on s’imagine. Quand on le voit, on voit une jeune fille ukrainienne avec des fleurs dans les cheveux, c’est ça qui m’a amusée. C’est ce qui m’amuse aussi pour le clavecin, qu’on s’imagine toujours que ce sont des instruments fragiles et pas du tout. Et ce son a évoqué tout de suite quelque chose d’antique. Marie-Pierre Brébant

Archives

Jordi Savall, émission "A voix nue", France Culture, 2007

Armande Altaï, émission "L’été en plus", TF1, 1981

Extrait de "Radio Vinci Park" de Théo Mercier et François Chaignaud, 2016

Extrait de "Symphonia Harmoniae Caelestium Revelationum" de Marie-Pierre Brébant et François Chaignaud, 2019

Références musicales

Marie-Pierre Brébant et l’ensemble Sept mesures de soie, "Henry Purcell's Sonata's of Three Parts"

Marie-Pierre Brébant et Xavier Boussiron, "Music to Jag"

Marie-Pierre Brébant et Lili Barletta, "Spanish Caravan"

Prise de son

Jean Frédérix

Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
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