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Marina Rollman

Marina Rollman :"Le langage reste ma seule zone d’apaisement"

44 min
À retrouver dans l'émission

Nous recevons l’humoriste et réalisatrice pour son film "Gina", l’un des 6 courts métrages de la mini-série 6X Confiné.e.s, une Création Décalée de canal+, diffusée un an après le premier confinement.

Marina Rollman
Marina Rollman Crédits : Charlotte Abramow

Un an après le premier confinement, Canal propose la mini-série 6X Confiné.e.s, 6 courts métrages, ayant comme point commun le thème du confinement, et signés par six réalisateurs et réalisatrices. Marina Rollman signe Gina, l’un des courts métrages, dans lequel elle met en scène une riche sexagénaire qui, trompe la solitude du confinement avec le jeune infirmier de son mari malade,  et en fait son gigolo.

Nous évoquerons également son spectacle Un spectacle drôle, dont des représentations sont prévues à La Cigale à Paris du 4 au 7 juin 2021, à l’Olympia les 17 et 18 décembre 2021, et en tournée dans toute la France. 

Etre une minorité dans sa propre langue

Les mots me passionnent et j’ai un rapport aux langues assez précis, que ce soit dans l’intime où dans le peu d’études universitaires que j’ai faites. Je pense que dans l’anodin des mots se cachent énormément de trucs, mais qui disent tant de choses sur la drague, l’opposition politique, ou les différences entre la France et la Suisse. Et puis, le fais partie de la famille de la francophonie, mais je viens de Suisse, ce qui me donne cette position de minorité dans la francophonie. En France, je vois parfois des habitudes étranges, et je trouve que c’est une position très privilégiée et intéressante d’être une minorité dans sa propre langue. En Suisse, on adore la parole un peu lapidaire, et on fait confiance aux gens qui n’ont pas énormément de panache dans la langue. En France, au contraire, j'ai l'impression que tant que les phrases ne font pas 4 kilomètres, qu'on n'invente pas des termes, et qu'on n'a pas l'air très sûr de soi en faisant des constructions compliquées, on n'a pas l'air intelligent, occupé ou professionnel. C'est très rigolo, à une frontière près, il y a deux éthiques qui se détachent de nos usages des mots. Marina Rollman, humoriste et réalisatrice

Le langage comme outil d’émancipation

A la base, j’ai vraiment l’amour des mots et la volonté de pouvoir vraiment articuler ma pensée de manière précise. Le langage a été pour moi, un outil d’émancipation, et cela reste ma seule zone d’apaisement : c’est le seul endroit où je sais faire de la médiation. Ca m’apaise énormément de me dire qu’il y a toujours un moyen de mettre les gens d’accord, ou de reformuler une pensée pour bien se comprendre. En fait, je crois que le malentendu est mon angoisse absolue. Marina Rollman, humoriste et réalisatrice

Etre la bonne personne sur scène

La dynamique du spectacle est très étrange, ce n’est pas une chose sur laquelle on peut mettre le doigt. Les premiers gestes et les premiers mots, les premiers sons, le premier ton qui sort de nous quand on arrive sur scène, tout cela peut engager une dynamique où on se fait manger ou non. Je pense que la partie la plus difficile du métier, ce n’est pas écrire des blagues, ou trouver son personnage, mais c’est d’être la bonne personne sur scène, de trouver le côté intangible de l’énergie qu’on met dans cette salle. Marina Rollman, humoriste et réalisatrice

Luc Bruyère, Isabelle Tanakil, Alexandre Kominek dans 6 X CONFINÉ.E.S - GINA de Marina Rollman
Luc Bruyère, Isabelle Tanakil, Alexandre Kominek dans 6 X CONFINÉ.E.S - GINA de Marina Rollman Crédits : Antoine Chapus / Canal

Gina, une échappée douce

Dans mon film Gina, il y a un joli trio, et je suis très heureuse car j’ai eu de très bons retours de la part des spectateurs. Les gens m’ont dit que ce qu’ils aimaient, c’est qu’il y ait une fin, ce qui n’est pas toujours le cas pour les courts métrages. Dans Gina, l’histoire est bouclée, et j’ai eu des retours positifs de personnes diverses et de tous âges, parce qu’en fait, c’est un peu joyeux de réimaginer une dame qui ferait partie, en théorie, de la catégorie à risque, et qui vit un confinement joyeux, sexy, et plein d’excès. En cette période un peu morose, c’est une échappée assez douce dans un monde un peu glamour, désuet et rigolo. Marina Rollman, humoriste et réalisatrice

Extraits

Jerry before Seinfeld, documentaire de Michael Bonfiglio, Netflix

Gina, film de Marina Rollman, Canal , 2021

Archives

Jamel Debbouze, émission "Eclectik", France Inter, 2012

David Lynch, émission "La grande table", France Culture, 2014

Références musicales

Donatella Viggiano, Napule canta e more

Republica Ideal de Acapulco, Atomic lover

Prise de son

Elise Leu

Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation

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