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Rachel Khan

Rachel Khan : "Pour moi, les artistes sont les législateurs de l’ombre "

41 min
À retrouver dans l'émission

En ce jour commémorant la loi du 9 décembre 1905 portant sur la laïcité, nous recevons l’actrice, écrivaine et juriste Rachel Khan, aujourd’hui codirectrice de La Place, centre culturel dédié au hip-hop à la Canopée des Halles, en plein cœur de Paris.

Rachel Khan
Rachel Khan Crédits : Dominik Fusina

L’ambition de La Place est avant tout de devenir un lieu de transmission des connaissances et de l’histoire de ce mouvement culturel majeur : le hip hop. Rachel Khan y mène, par ailleurs, un projet de résidence d'artistes ayant vocation à s'atteler aux grandes questions qui agitent la société, parmi lesquelles figure celle de la laïcité.

La Place
La Place

Extraits de l'entretien

Ce qu’on a oublié de l’essence du hip-hop, c’est le profond engagement politique pour la liberté, pour la liberté d’expression, cette volonté de repousser au plus loin les limites et de changer la société. Cela se retrouve dans les textes de Voltaire, Clémenceau, Aristide Briand ou Jaurès, qui, pour moi, sont tout à fait hip-hop. Voltaire a dénoncé le dogme religieux et s’est battu pour la liberté de chacun d’être libre de ses croyances. Il a refusé que la religion soit un dogme politique qui empêche toute émancipation, et je crois que c’est également un message très fort du hip-hop. Si on l’a oublié aujourd’hui, c’est peut-être que c’est masqué par un aspect commercial du hip-hop : en gros, il y a un hip-hop conscient, avec ces messages  qui en étaient à la base, et un hip-hop inconscient, qui parlent de choses plus futiles et commerciales et qui a oublié ces messages très forts d’émancipation, de liberté, de justice, d’égalité et de tolérance. Rachel Khan

J’ai beaucoup écrit en tant qu’afro-yiddish, j’ai un père musulman, et une mère qui a été cachée pendant la guerre, j’ai vécu dans les milieux sportifs, mais aussi juridiques et politiques, ce qui fait que je me retrouve au milieu du gué, et je me rends compte que les problématiques sont les mêmes dans chaque milieu. Je me retrouve finalement à comprendre l’ensemble des crispations, et je me dis que c’est impossible de ne pas dénouer les choses. Rachel Khan

Pour moi, les mots sont la clé. Si on ne s’accorde pas sur un langage commun, si on n’arrive plus à s’entendre, et à se comprendre, comme c’est le cas aujourd’hui, à continuer à s’ouvrir via la culture, il y aura forcément des malentendus et des malentendants. Rachel Khan

La laïcité doit être un mouvement perpétuel qui doit s’adapter à un contexte. C’est pour ça que je souhaite fédérer certains artistes à La Place, pour continuer ce travail, que ce lieu soit un laboratoire, où l’on puisse continuer à créer cette matière dont on a besoin. Je crois beaucoup aux interactions positives, entre l’économique, le social, l’environnemental, le territorial et le culturel. Il s’agit de permettre à ces artistes de s’imprégner vraiment de ce qui se passe, en les mettant en relation avec des experts, des professionnels et des chercheurs. Rachel Khan

Archives

Akhenaton, émission "Continent musiques", France Culture, 2014

Casey, émission "Par les temps qui courent", France Culture, 2020

Références musicales

Sarah Vaughan, Speak low

Aretha Franklin, Tree of life 

Prise de son

Jakez Hubert

Intervenants
  • Comédienne, scénariste, auteure. Présidente de la commission sport de la LICRA et co-directrice de La Place, centre culturel hip-hop.
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
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