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Marie Ndiaye

Marie Ndiaye : "L’objet romanesque que je façonne, je tâche de l’avoir bien en mains"

42 min
À retrouver dans l'émission

Nous recevons l’écrivaine à l'occasion de la parution de son dernier roman "La vengeance m’appartient" aux éditions Gallimard.

Marie Ndiaye
Marie Ndiaye Crédits : F.Mantovani

Dans La vengeance m'appartient, son douzième roman, Marie Ndiaye, récompensée notamment du Prix Goncourt en 2009 pour Trois femmes puissantes,  offre une exploration de la mémoire, de l'identité, où chaque personnage avance sa vérité. Mais qui faut-il croire ?

Extraits de l'entretien

Quand j’étais petite, j’étais très intriguée et fascinée par le fait qu’on ne pouvait pas savoir où nous étions et ce que nous étions avant d’apparaître dans le ventre de notre mère, et j’ai l’impression que le livre qui est en train de s’inventer, de trouver sa voie pour exister un jour, avant même que le premier mot en soit écrit, flotte dans un espace mystérieux, dans un espace de l’univers que l’on ne peut pas voir, mais qui est peut-être là. Je ressens les choses ainsi, et lorsqu’enfin, j’en trace les premières lignes, c’est un peu comme si la gestation se mettait en route. Marie Ndiaye

J’ai toujours eu l’impression que nos vies, et qui on devient, se construisait beaucoup sur le prénom qu’on nous avait attribué. J’ai toujours eu, enfant, le regret d’avoir un prénom aussi neutre, aussi pauvre de signification romanesque, de ce romantisme auquel j’aspirais. Alors, je m’étais fait une longue liste de prénoms féminins en A, des prénoms en général assez longs, et chaque jour, j’en choisissais un, et j’essayais d’être celle que le prénom inspirait. Sans m’en rendre compte, j’étais déjà en train de fabriquer des personnages de roman. J’ai toujours la conviction qu’on est sommé d’avoir un lien de fraternité avec son prénom, et ça doit être très difficile de détester son propre prénom, Le mien me décevait, mais je ne le détestais pas. C’est la même chose pour mes personnages, une fois que je les ai nommés, il me serait impossible de les débaptiser en cours d’écriture, et moins encore une fois le livre achevé. Marie Ndiaye

Dans l’art romanesque, j’attends que l’écriture, que le style littéraire quel qu’il soit, transforme de petites histoires, pour certaines peu intéressantes ou d’une horreur qui pourrait être repoussantes, comme celle qu’il y a dans ce livre, en quelque chose qui les dépasse largement, et qu’il puisse transformer des personnages en figures mythiques. Marie Ndiaye

Archives

Claude Régy , émission "A voix nue", France Culture, 2006

Nathalie Sarraute, émission "Les chemins de la connaissance", France Culture, 1974

Références musicales

Sakamoto Ryuchi, 0417

Anthony &The Johnsons, Shake the devil

Prise de son

Jean Frédérix

Bibliographie

Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
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