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Françoise Pétrovitch, galerie Semiose à Paris, 2020

Françoise Pétrovitch :"Dessiner, c’est une façon d’être dans le moment avec ce qu’on a à dire"

44 min
À retrouver dans l'émission

Nous recevons l'artiste plasticienne Françoise Pétrovitch, pour sa double actualité : "Forget me not", une exposition monographique à la galerie Semiose, à Paris, jusqu’au 24 octobre 2020 et "Habiter la villa", une carte blanche à la Villa Savoye à Poissy jusqu’au 24 janvier 2021.

Françoise Pétrovitch, galerie Semiose à Paris, 2020
Françoise Pétrovitch, galerie Semiose à Paris, 2020 Crédits : Hervé Plumet/Courtesy Semiose

Françoise Pétrovitch bénéficie d’une reconnaissance nationale et internationale. Elle emploie de nombreux mediums – encre, peinture, céramique, bronze, vidéo, gravure, etc. – et joue sur les différentes échelles des projets. Ses natures mortes, portraits et paysages sont traversés par les thèmes du double, de la transition et de la cruauté, et laissent rarement le spectateur indemne.

Marie Richeux s’entretient aujourd’hui avec l’artiste plasticienne prolifique, à l’occasion de ses deux expositions, visibles actuellement à la galerie Semiose à Paris, ainsi qu’à la Villa Savoye, à Poissy

A noter que Habiter la villa fera l’objet d’une publication aux Éditions du patrimoine dans la collection "Un artiste, un monument ", reproduisant un texte de Pierre Yovanovitch, ainsi qu'un entretien avec l'artiste.

Extraits de l'entretien

Françoise Pétrovitch, "Forget me not", Galerie Semiose, 2020
Françoise Pétrovitch, "Forget me not", Galerie Semiose, 2020 Crédits : A.Mole/ Courtesy Semiose, Paris

Dans les portraits, en fait, il y a très peu de peintures où le regard est caché, souvent le regard est très présent, et on y cherche des choses. Les rares fois, où j’ai vu des portraits dans lesquels les regards étaient fermés, intériorisés, les paupières closes, j’ai eu l’impression de voir une peinture, et non une personne : l’idée même du portrait était absente. J’aime l’idée que du coup, on regarde de la peinture, on n’est pas trompé, et on ne cherche pas l’autre. Françoise Pétrovitch

Ce que j’aime dans la couleur, c’est sa liberté par rapport au dessin, à la forme. La couleur est là, comme suffisante, elle peut construire la forme et l’espace. Souvent, on fédère la couleur à un dessin : il y a le dessin, et après la couleur. Les questions du dessin et de la couleur ont été débattues notamment au XIXe siècle avec Delacroix et Ingres, à savoir, le dessin comme la raison, et la couleur comme le romantisme, le sentiment, ou le féminin. Trouver une nouvelle couleur, c’est comme trouver un son nouveau qui permet de créer de nouvelles partitions : finalement, la couleur est infinie, et permet presque plus de liberté que le dessin. Françoise Pétrovitch 

Ce que j’aime dans mon travail, c’est que tout est remis en cause, tout le temps. J’adore le mouvement, la surprise, les choses ne sont pas établies, et je les réalise. Si je sais à l’avance ce que je dois faire, alors ça ne m’intéresse plus. Françoise Pétrovitch

"Habiter la villa" de Françoise Pétrovitch, Villa Savoye-Le corbusier,  2020
"Habiter la villa" de Françoise Pétrovitch, Villa Savoye-Le corbusier, 2020 Crédits : © P. Berthé ou P. Cadet / Centre des monuments nationaux

Je travaille la ligne de manière directe, il n’y a pas de repentir. Dans ces peintures, je peins dans de la peinture fraîche, donc, je ne peux pas revenir en arrière. J’appuis, ou non, je recharge, et tout se fait dans l’instant même : cela a presque à voir avec l’écriture. Quand on écrit, il y a la question de son propre souffle, son propre rythme, et je retrouve ce rythme-là da présent dans une sculpture une vidéo ou un spectacle vivant ns la ligne du dessin. Un dessin énervé, vous le sentez tout de suite, et dessiner c’est une façon d’être dans le moment avec ce qu’on a à dire. Françoise Pétrovitch

Je travaille avec beaucoup de médiums, et la question est de savoir comment faire pour que l’esprit, et ce qui est important soient toujours là, que ce soit  dans une sculpture, une vidéo, ou un spectacle vivant. Ce qui m’intéresse, c’est de toujours risquer quelque chose de nouveau, que ce soit le travail de la céramique, du bronze, et même la scénographie d’un spectacle même des danseurs, dans tous les cas,  y a une résistance du matériau, quelque chose qu’on ne connait pas. Je pense qu’il faut être vraiment présent, au service d’un projet, et avoir confiance dans ce qu’on apporte. Il faut être serein, et ne pas avoir peur de ce qu’on a à dire. Françoise Pétrovitch

Archives

Marc Chagall, RTF, 1951

Jean Frémon, émission "Surpris par la nuit", France Culture, 2009

Georg Baselitz, émission "Les arts et les gens", France Culture, 1996

Claire Tabouret, émission "Par les temps qui courent", France Culture, 2018

Pierre Soulages, émission "Un entretien avec", France Culture, 1980

Références musicales

Taylor Deupree et Christopher Willits, Become a plant and join the circus

Andrea  Laszlo de Simone, Immensita  

Prise de son

Nacer Moussaoui

Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
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