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"Black-out" de Loo Hui Phang et Hugues Micol

Loo Hui Phang et Hugues Micol : "Pour Hollywood, ce qui existe, c'est ce qu'on voit"

46 min
À retrouver dans l'émission

Pour la parution de leur BD "Black -out" chez Futuropolis, nous en recevons les deux auteurs, Loo Hui Phang et Hugues Micol. L'occasion d'évoquer leur façon de travailler, et la genèse de ce livre qui retrace l'âge d'or d'Hollywood, à travers le destin d'une star de cinéma.

"Black-out" de Loo Hui Phang et Hugues Micol
"Black-out" de Loo Hui Phang et Hugues Micol Crédits : Loo Hui Phang et Hugues Micol / Editions Futuropolis

Black-out, de Loo Hui Phang et Hugues Micol, c’est le destin fantasmé d’une immense star de cinéma. 

C’est l’histoire de Maximus Wyld, comédien talentueux, prisé, admiré. C’est l’histoire d’Hollywood, usine à rêves et arène hostile. C’est l’histoire du  formidable destin d’un comédien charismatique au temps de l’âge d’or d’Hollywood qui, dans un climat de ségrégation raciale étouffant, ouvrit la voie aux comédiens non-Blancs sur la fameuse colline californienne. Pourtant son visage semble avoir été effacé de toutes les pellicules et son nom gommé de tous les génériques.

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Mon modèle a été le visage de mon grand-père qui était vietnamien, un très bel homme qui avait cette particularité d'avoir des traits presque africains, des traits qui étaient sur cette crête très ambiguë entre l'Afrique et l'Asie. C'est vraiment son visage qui a donné l'impulsion de l'histoire, cet angle pour parler des minorités aux-Etats-Unis. Loo Hui Phang

J'ai une lecture du texte de Loo assez baroque, assez romantique. Il y a dans son texte  quelque chose de fort et de puissant, que j'essaie de retranscrire. Il fallait faire quelque chose de grand, j'ai sorti mes pinceaux, et j'ai dessiné en grand format. (…)La BD, c'est particulier, c'est l'art de la contrainte. Ce que j'aime, et c'est pour ça que je travaille avec Loo, c'est échapper à ce que je sais faire. Sa façon d'écrire, de réfléchir, est plus intellectuelle de la mienne, et j'aime bien aller vers quelque chose qui m'est proche, mais pas naturelle. Du coup, on est obligé de trouver un langage particulier. Hugues Micol

Mes scénarios ressemblent à des scénarios de cinéma, avec une continuité dialoguée, où je décris ce que l'on voit, je décris aussi les valeurs de plans, plan large, gros plan, mais je ne découpe pas, parce que, pour moi, le découpage c'est l'ADN du dessinateur, c'est son langage, des empreintes digitales. Je ne veux pas contraindre ça et imposer ma vision. Par contre, dans mon écriture, j'essaie d'être la plus précise possible, pour communiquer la sensation que j'ai de l'histoire. Loo Hui Phang

C'est un livre sur les identités, sur le mensonge, sur les vérités qui se cachent derrière les mensonges d'une manière paradoxale. La vérité est au cœur du mensonge, et peut-être que l'existence est au cœur de l'invisibilité. C'est la définition même du fantôme : être, en étant non-perçu. La lutte principale de mon personnage est d'occuper l'espace, d'occuper l'écran sous toutes les formes, il crée une stratégie de visibilité. Ce qu'Hollywood prône c'est que, ce qui existe, c'est ce que l'on voit. Du coup, il suffirait d'effacer quelqu'un, quelque chose, pour l'enlever de ce monde-là. Ce que Maximus essaie de faire, de sa position d'invisible, c'est de vibrer, de perdurer, d'atteindre la surface pour créer une révolution. Loo Hui Phang

Archives

Blutch, émission "masterclass", France Culture, 2018

Problème racial aux Etats-Unis, Inter actualités, 1963

Paul Robeson, sur la chaîne ABC, 1960, source internet

références musicales 

Otis Redding, A change is gonna come

Luke Temple, So long, so long

Prise de son

Antony Thomasson

Bibliographie

Intervenants
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Production
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