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"Shanghai chagrin"

Léopold Prudon : "Dans ce projet, j’ai voulu rendre compte d’un état que je savais fugace"

42 min
À retrouver dans l'émission

Nous recevons le dessinateur pour la parution de son album "Shanghaï chagrin" publié aux éditions de l’Association.

"Shanghai chagrin"
"Shanghai chagrin" Crédits : Léopold Prudon/ L'Association

Illustrateur et auteur de bande dessinée ayant étudié aux Arts décoratifs de Strasbourg et à l’école Estienne, le travail de Léopold Prudon explore le plus souvent la relation entre un individu et son environnement, qu’il soit géographique ou domestique. La cohabitation entre les problématiques quotidiennes et les formes étranges de l’inconscient en est aussi une composante. C’est le cas dans Shangaï chagrin (ed : L'Association), où l’auteur propose une visite de la ville chinoise doublée d’une émouvante réflexion sur le deuil.

Après la mort de son père, l'auteur passe un an à Shanghai. Il adoucit son deuil en apprivoisant les formes de la ville, dessinant les gratte-ciel, la foule des passants, la courbe des échangeurs routiers et les sinogrammes qui clignotent dans la nuit. Entre ces images s'intercalent des poèmes et des pensées funèbres, ainsi que des dialogues banals qui rappellent que la vie continue.

"Shanghai chagrin"
"Shanghai chagrin" Crédits : Léopold Prudon/ L'Association

Rechercher ce qu’on aime dessiner

J’avais vraiment envie de dessiner Shanghai. En tant que dessinateur, on cherche ce qu’on a plaisir à dessiner. Les dessins d’architecture me plaisent, même si c’est un plaisir un peu paradoxal, parce qu’il s’agit d’un travail de grande patience, mais là, spécifiquement, les caractéristiques de Shanghai, notamment son l’ultra-modernité, c’était quelque chose qui m’intéressait beaucoup, et me faisait très envie, même avant d’y aller. Il y avait une sorte d’exotisme qui m’attirait, et qu’ensuite, j’ai mis à l’épreuve de la réalité.  Léopold Prudon, dessinateur

Dessiner pour redonner du sens aux choses

Pour moi, ce voyage en Chine était une manière de faire de la recherche, de manière scientifique, en tâtonnant, en ne sachant pas ce que j’allais trouver, et en construisant petit à petit l’objet de la recherche. Quand une personne n’est plus là, on ne sait pas ce que l’on cherche, on construit peu à peu un chemin, on a besoin d’avancer, de faire quelque chose. C’est un moment de la vie, où on a besoin de se créer des énigmes, d’aller voir du côté où il y a un peu de mystère, et redonner un sens aux choses : c’était le but de ce cheminement géographique. Léopold Prudon, dessinateur

J’avais un désir très fort de me perdre dans un extérieur absolu, dans une altérité, quelque chose de complètement inconnu. On est toujours dans un temps présent, et d’une certaine façon, les souvenirs se mélangent à ce qu’on est en train de vivre, et si on est en Chine, ou si on est en France, les souvenirs ne seront pas les mêmes, ils seront contaminés par le présent, par l’environnement. Et donc, j’avais envie de parler de cette espèce de mélange de  ce qu’on peut ressentir entre des choses qui nous appartiennent, et des choses qui nous sont complètement extérieures et la façon dont les deux se rencontrent parfois, avec l’arbitraire que cela comporte, et le sens qui en émerge.  Léopold Prudon, dessinateur

Archives

Zhang Kaï, émission "Planète terre", France Culture, 2011

Patrice Killoffer, émission "Surpris par la nuit", France Culture, 2006 

Références musicales

Charlie Mingus, Solo Dancer

Ray LaMontagne, Summer Clouds

Prise de son

Clément Dattée

Bibliographie

Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
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