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Houria Aïchi

Houria Aïchi : "Je descends d'une chaîne de femmes chantantes"

1h01
À retrouver dans l'émission

Dimanche 19 janvier, le musée du Quai Branly accueille la chanteuse Houria Aïchi pour un concert consacré aux chants mystiques d'Algérie. L'occasion d'évoquer avec elle son enfance bercée par les chants de femmes au sein d'une société traditionnelle, ainsi que l'importance de la spiritualité.

Houria Aïchi
Houria Aïchi Crédits : SifeElamine9

Dans son album intitulé Chants mystiques d'Algérie, la chanteuse Houria Aïchi, rendue célèbre pour son interprétation des chants de l'Aurès, revisite aujourd'hui le répertoire sacré de son pays. Elle a collecté ici et là des joyaux populaires qui racontent Saints et rites rythmant le quotidien. De ces chants, elle a su saisir l’essence mystique et s’en imprégner, convoquant avec beaucoup de finesse et de précision la ferveur qui les a inspirés. Le musée du Quai Branly lui ouvre ses portes pour un concert exceptionnel le dimanche 19 janvier 2020, de 17h à 18h30.

Extraits de l'entretien

Les textes que j'interprète ne sont pas n'importe lesquels, ce sont des chants mystiques, sacrés, qui sont chantés dans une tradition populaire très installée et séculaire : ce sont des chants mystiques des gens. Cette notion de chants des gens, j'y tiens énormément, parce que je fais partie de ces gens d'Algérie qui chantent. 

Quand j'ai commencé à chanter, j'avais l'impression que quand j'étais sur scène, il y allait de ma vie, comme si je jouais quelque chose de ma vie. Ces chants j'ai grandi avec, c'était une pratique quotidienne des femmes dans cette cour dans laquelle je suis née et j'ai grandi. Le chant était l'expression royale de ces femmes, qui vivaient dans un espace clos et qui trouvaient de manière géniale, des moyens d'expression, dont le chant. Dans ma vie de petite fille, et dans cet espace clos, les moments où je chantais avec elles, étaient des moments très particuliers, où à mes yeux et à mon cœur, il se passait quelque chose de très profond. C'est peut-être lié à mon histoire personnelle, car je descends d'une espèce de chaîne de femmes chantantes.

Je suis née dans une société traditionnelle, modeste, où la culture populaire était très forte et très présente. Dans cette cour de mon enfance, outre le chant, il y avait beaucoup d'autres pratiques culturelles et sociales. Par exemple il y avait la "touïza", qui est une pratique de solidarité féminine. Ce sont les exemples de vie féminine, collective et solidaire qui m'ont construite: c'est là, qu'essentiellement, j'ai puisé ma formation humaine.

Par moment, dans mes concerts, je suis tellement prise par le propos, par ce que je dis, par le rythme et les coups de la percussion - pas seulement de la mienne, mais aussi de celle des musiciens qui m'accompagnent, et qui sont d'excellents joueurs de percussion de confrérie - que si je poussais un peu, je pourrais aller jusque dans la transe, jusqu'à en perdre connaissance. Mais je me retiens, parce que je suis sur une scène, et que sur scène, on ne peut pas déborder.

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Archives

Nadia At Mansour, émission "Les Vivants et les Dieux", France Culture, 2003

Martin Saint-Pierre, émission "Nuits magnétiques", France Culture, 1989

Lecture

Djalâl-od-Din Rûmî, Mathnawî, La quête de l'absolu (éditions Du Rocher)

Références musicales

Houria Aïchi, Mohamed l'aimé

Martin Saint-Pierre, extrait du disque L'incroyable et longue histoire d'un tambour (Ocora, 1982)

Houria Aïchi, Sidi Rached

Kudsi Erguner, Improvisation

Houria Aïchi, Ziara

Prise de son

Jean-Michel Bernot

Vous pouvez écouter et/ ou podcaster cet entretien en cliquant sur le lien ci-dessus

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