LE DIRECT
L'exposition de Sarkis,"Intérieurs"

Sarkis : "Je crois que chaque oeuvre qui a trouvé son silence est sacrée"

58 min
À retrouver dans l'émission

L’artiste turc d’origine arménienne invite le peintre Eugène Leroy (1910-2000) dans un accrochage qu’il a conçu et mis en scène, et confronte son travail à celui du maître dont il considère l’œuvre comme absolument indispensable. A la galerie Nathalie Obadia, à Paris, du 23 janvier au 7 mars.

L'exposition de Sarkis,"Intérieurs"
L'exposition de Sarkis,"Intérieurs" Crédits : Galerie Nathalie Obadia, Paris

Certains lieux sont habités. On y sent quelque épaisseur du temps ou des êtres.  On y voit des empreintes. On y devine des passages. On imagine l’application qu’il y a eu à accrocher des objets, à les disposer sur une table, à choisir un angle pour la lumière. On perçoit une forme d’accueil dans un verre d’eau laissé là pour celui qui a soif. La plante ou l’humain. Ce sont des lieux qui deviennent amis. Parfois ils sont refuge, parfois ils sont théâtre, parfois ils sont église, parfois ils sont chambre. Parfois, ils sont exposition, et l’on voudrait y cheminer longtemps. Ce n’est pas un hasard si l'exposition de Sarkis, à la Galerie Nathalie Obadia, à Paris, s’appelle Intérieurs. Il y fait dialoguer ses propres œuvres avec celle d’Eugène Leroy. Et l’on voudrait y cheminer longtemps. L'exposition est visible jusqu’au 17 mars, l’entrée y est libre.  
 

Je n'ai pas connu personnellement Eugène Leroy. Ses œuvres, même si on ne voit pas les couches intérieures, on les sent physiquement, comme si on sentait au toucher le corps d'une personne qu'on aime. J'ai eu tout à coup un déclenchement d'amour pour le vécu de sa peinture.

J'avais envie de l'inviter chez moi. J'ai demandé à la Galerie, dans mon atelier où il n'y a que mes œuvres et beaucoup de musique du 16e siècle à nos jours, des œuvres de Leroy. Et j'ai vécu deux mois avec sa chaleur, et  j'ai fait un film.

J'ai éclairé cette exposition avec des vibrations. Eugène Leroy parle constamment de lumière. J'ai donné une respiration de lumière qui vient comme de l'eau purifiée.

Il faut faire l'oeuvre et fermer les yeux pour voir comment l'oeuvre vit dans son temps. 

Je ne laisse pas le sacré à la religion, je n'assiste à aucune cérémonie dans les églises ou les mosquées, je crois que chaque oeuvre qui a trouvé son silence est sacrée.

Programmation musicale :

  • Webern, Variations pour orchestre, opus 30
  • John Cage, Sonata II for Prepared Piano
  • Générique de fin, Klô Pelgag, Les mains d'Edelweiss

Galerie Nathalie Obadia

"Punctum", Sarkis
"Punctum", Sarkis Crédits : Galerie Nathalie Obadia, Paris
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......