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Patrick Deville

Patrick Deville : "Nous lisons pour sortir du brouillard de nos propres existences"

1h
À retrouver dans l'émission

Dans son nouveau livre "Amazonia", l'auteur nous fait découvrir, à travers le récit d’un voyage entrepris par un père et son fils, l’histoire et le territoire de l’Amazonie et du sous-continent latino-américain, grâce à de nombreuses références littéraires et historiques.

Patrick Deville
Patrick Deville Crédits : Astrid di Crollalanza

Grand voyageur et esprit cosmopolite, Patrick Deville est directeur littéraire de la Maison des écrivains étrangers et traducteurs (MEET). Après Taba-taba, et Equatoria l’auteur revient avec son dernier roman Amazonia. L'occasion d'évoquer Abracadabra, le vaste projet littéraire qu’il a mis en œuvre depuis vingt-deux ans et qui consiste à écrire douze romans sans fiction, dans une chronologie qui débute en 1860 et selon une progression géographique « inébranlable ». 

Au cours de notre entretien Patrick Deville, nous explique pourquoi il qualifie ses livres de romans :

"Je joue avec beaucoup de genres littéraires différents que je rassemble sous le terme de roman, parce qu’il n’y en a pas d’autre, même si c’est sans fiction et non sans invention. Il n’y a pas de définition positive du roman. Le roman est ce qui n’est pas autre chose : ce n’est ni du récit, ni de l’essai, ni du reportage. Ce qui m’enthousiasme le plus à l’écriture de ces livres, c’est de pouvoir jouer de tout cet éventail, de pouvoir d’un chapitre à l’autre, passer d’un genre littéraire à un autre. Le seul terme qui puisse rassembler tout cela c’est le terme de roman."

Il nous parle également de la façon dont il construit sa littérature :

"Il y a une histoire des genres littéraires mais il y a aussi une géographie des genres littéraires (…) Je suis sensible aux coïncidences de lieux et de dates, c’est ainsi que je construis mes livres. Les lieux et les dates sont réels, l’invention vient après. La littérature, c’est principalement d’inventer des formes, comme en peinture et en musique. L’invention de ces formes vient souvent de ces coïncidences et de cette difficulté très grande de faire entrer la géographie dans l’histoire et vice et versa. Le jeu consiste à parvenir à concilier tout ça, de telle manière qu’à la lecture, cela glisse comme un navire sur le fleuve. "

"Au moment où je construis mon livre, je crée des titres qui sont comme une respiration pour passer d’un genre à un autre. Ils sont ce que l’on appelait dans les constructions haussmanniennes des pierres d’attentes, de petites accroches qui m’aident à travailler et à construire."

Enfin, Patrick Deville évoque le rôle de la lecture :

"La très grande entreprise de la lecture, c’est de nous permettre de voir les vies qui ont été vécues, bien ou mal. Je suis fasciné aussi bien par les génies que par les salauds. Tous les matins, nous avons la possibilité d’être un traître ou un héros."

Archives

Blaise Cendrars, émission « Entretiens avec », RTF, 1950

Jean Starobinski, émission « Les matinées de France Culture », France Culture, 1983

Frédéric Boyer, émission « Du jour au lendemain », France Culture, 2003

Référence musicales

La Trovas de las Faez, Nostalgia

Prise de son

Pierre Monteil

Vous pouvez écouter et/ou podcaster cette émission en cliquant sur les liens ci-dessus

Bibliographie

Intervenants
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