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Paul B. Preciado

Paul B. Preciado : "Le corps est la chose la plus politique et la plus publique qui soit"

58 min
À retrouver dans l'émission

Le philosophe s'interroge sur la fabrication de la liberté, indépendante de l'identité et sur la nécessité de suivre le double processus de la thérapie politique et de l'émancipation cognitive. Il y critique le régime patriarcal et affirme qu'il faut protéger l'enfant de l'assignation de genre.

Paul B. Preciado
Paul B. Preciado Crédits : Léa Crespi

Nous accueillons Paul B. Preciado l’occasion de la parution de son livre « Un appartement sur Uranus » aux éditions Grasset. 

Dans ces chroniques parues dans Libération, l'auteur témoigne de son expérience de changement de sexe et de son opposition à l'hétéronormativité. En faveur des droits des transsexuels, il développe une approche politique révolutionnaire dépassant la seule question de la sexualité, s'interrogeant sur l'actualité, comme l'indépendance de la Catalogne et la résurgence du fascisme.

J’ai accepté de faire ces chroniques, parce que je me suis rendu compte qu’on était dans un moment politique différent et que, d’un côté,  la critique philosophique que je menais à l’université et au musée, et de l’autre le militantisme trans ou queer que je pratiquais dans le milieu alternatif,  n’étaient pas suffisants. Que tout d’un coup, il fallait prendre la parole autrement, trouver un langage différent,  parce que cette parole extrêmement raciste, homophobe et transphobe était en train de devenir une parole institutionnelle. 

Ça faisait longtemps que j’étais  critique par rapport au langage universitaire qui prend assez vite une forme néolibérale. Il y a tout un ensemble de conventions linguistiques qui se mettent en place, et la question est de savoir comment inventer de nouvelles grammaires. Pour moi, la tâche de la philosophie c’est l’invention d’un langage.

Sans passeport, j’étais comme un migrant de genre. J’avais besoin de cette prothèse sociale et politique qu’est le passeport, sans laquelle je ne pouvais pas habiter cette société et être reconnu en tant que citoyen au sein du monde. C’est exactement ce que demandent les migrants. 

La critique du viol, c’est la critique du patriarcat. Ce qui permet de maintenir le patriarcat en tant que tel, c’est la définition nécropolitique de la masculinité. La masculinité est considérée comme souveraine dans la mesure où elle peut faire l’usage, et avoir le monopole, des techniques de la violence envers les autres hommes, les animaux et la nature en général. C’est le croisement entre les pratiques du désir et de subjectivation, et cette technique de la violence, qui fait la solidité de l’hétérosexualité comme régime politique. Alors, la question est de savoir comment apprendre collectivement à désirer autrement. Est-ce qu’on est prêt à désirer la liberté ? Pour moi, la révolution féministe est absolument nécessaire et pour cela,  il faut un mouvement de désidentification à l’intérieur de la masculinité.

Archives

Michel Foucault, émission « L’heure de culture », France Culture, 1966

Jacques Derrida, émission « A voix vue », France Culture, 1998

Références musicales

Kyoka, Re-pulsion

SAICOBAB, AMn-nMn

Prise de son

Valérie Lavalar

Bibliographie

Intervenants
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