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Rebecca Gisler

Rebecca Gisler : "Pour moi, le personnage de l'oncle est un conservateur de l'enfance"

43 min
À retrouver dans l'émission

Nous recevons l'autrice à l'occasion de la parution de son premier roman "D’oncle" aux éditions Verdier

Rebecca Gisler
Rebecca Gisler Crédits : Sophie Bassouls

Il était une fois : un oncle. Un oncle qui vivait seul, dans une maison au bord de la mer ; un oncle à l’hygiène douteuse, aux manies bizarres, à la santé défaillante, aux proportions anormales. Un jour, le neveu et la nièce de l’oncle viennent vivre avec lui, formant ce que sa nièce, qui nous raconte cette histoire, appelle « une colocation involontaire ou une communauté d’oisifs ». La nièce décrit son oncle, et tente de faire le tour de ce personnage aussi étrange que fascinant, et étonnamment attachant. 

D’oncle, le premier roman de Rebecca Gisler paru aux éditions Verdier, est un livre débarrassé de la glu du sentiment, du psychologisme, un livre prodigieusement dégoutant et prodigieusement drôle.

Rencontre ce soir avec l’autrice franco-suisse, qui est également traductrice, pour évoquer son rapport à la langue française, au corps, au fantastique et à l’humour burlesque.

Extraits de l'entretien

Le titre du roman D’oncle, avec le D apostrophe, reflète le côté un peu boiteux, anormal du personnage de l’oncle, mais aussi, le rapport que j’ai à l’écriture ou à la langue française, à savoir, un côté un peu incorrect de mon écriture. Ma langue maternelle est le français, que je ne parlais qu’à la maison, c’était donc une langue orale et familiale. Je suis née à Zurich, et j’ai appris à écrire en allemand. Il n’y a que 5 ans, que j’ai commencé à lire beaucoup plus en français et à écrire des textes. Le personnage de l’oncle existait déjà dans plusieurs textes écrits en allemand, mais c’est en changeant de langue d’écriture, qu’il a vraiment émergé, et que j’ai pu prendre plus de libertés vis-à-vis du réel. En écrivant ce texte, et en décrivant le personnage de l’oncle, j’ai découvert une expérience du langage. Rebecca Gisler, écrivaine

L’oncle, c’est cet homme-limite, qui est quelque part à la frontière entre l’enfance et l’âge adulte, mais ce n’est pas vraiment définissable et saisissable. Ce qui est intéressant, c’est que les neveux, qui ne sont plus des enfants, mais qui ont connu l’oncle quand ils étaient enfants, l’observent avec un autre point de vue. L’oncle devient celui qui réinvente l’enfance, car il conservé ses habitudes enfantines étranges, ses rituels, et c’est ce qui constitue sa mythologie et le squelette de ce texte. Rebecca Gisler, écrivaine

Beaucoup de lecteurs ont trouvé que l’oncle était dégoutant. Moi, je ne pense pas qu’il soit juste dégoutant, en fait, il est comme il est. En ce qui concerne la nourriture, si on énumère, ou si on imagine, tout ce qu’il peut s’enfiler dans sa chambre, sans le voir de façon trop dramatique, alors apparaît le côté burlesque de ce personnage qui s’offre à nous. Rebecca Gisler, écrivaine

Archives

Raymond Cousse, émission Nuits Magnétiques, Alain Veinstein, France Culture, 8/01/1980

Anne Garreta, émission Par les temps qui courent, Marie Richeux, France Culture, 2/10/2017

Jorge Luis Borges, émission A voix nue, Jean Daive, France Culture, 1978

Références musicales

Philippe Katerine, Vacances à l'hôpital 

Wayne Snow, Figurine

Information complémentaire

Rebecca Gisler sera présente pour une lecture de son livre le mercredi 22 septembre 2021 dans le cadre du festival Actoral de Marseille

Bibliographie

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D'oncleRebecca GislerVerdier, 2021

Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
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