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Sophia Aouine

Sofia Aouine : "Pour raconter la marge, il faut être exigeant dans la poésie"

1h
À retrouver dans l'émission

Le premier roman de de Sofia Aouine paraît aux éditions de la Martinière. L'occasion pour elle de nous parler de ses références culturelles, de sa volonté de raconter la langue de la rue et la marge, et de sa quête poétique.

Sophia Aouine
Sophia Aouine Crédits : Alexandre Isard

Née en 1978, Sofia Aouine est reporter radio. Dans Rhapsodie des oubliés, son premier roman, elle raconte sans concession le quotidien d'un quartier et l'odyssée de ses habitants. Derrière les clichés, le crack, les putes, la violence, le désir de vie, l'amour et l'enfance ne sont jamais loin.

Extraits de l'entretien

"Mon livre est la somme de toutes les lectures de tous les films et de toutes les chansons qui m’ont aidé à passer de mon enfance et de ses monstres, à la femme que je suis aujourd’hui. C’est un roman qui parle de la mémoire, et de la somme de toutes les découvertes esthétiques que j’ai pu faire et qui sont, en quelque sorte, mes humanités. Moi, j’ai fait mes humanités le jour où j’ai ouvert la trappe de la culture."

"Dans ce roman, le plus important pour moi, au-delà de raconter l’odyssée du quartier de la Goutte d’or, c’était de trouver une poétique dans la voix d’un gamin de treize ans. Mon idée était de raconter la langue de la rue, la langue du bitume, et de trouver un lien entre mes influences qui vont de Zola à la littérature afro-américaine des années 60 -70. J’avais envie de raconter la marge, mais aussi de trouver une poétique dans les bruits de la rue."

"J’ai voulu faire une radioscopie de la jeunesse et raconter comment les générations de pères et de fils avaient perdu la guerre de l’entente, comment toutes les couches d’immigration se sont loupées les unes et les autres à travers la grande histoire de France."

"J’ai voulu écrire mon livre à la jonction entre une langue très classique et une langue très actuelle, très bitume. J’ai utilisé une langue qui n’est pas celle de la facilité de faire jeune. Dans mon texte, par exemple il n’y a pas de verlan : je n’ai pas voulu faire jeune parce que ça vieillit très mal. J’au plutôt voulu rendre hommage à une langue qui grandit dans les ghettos et qui est évocatrice d’une certaine marge : une langue que l’on n’entend pas mais qui défonce tout."

Archives

Extrait de "La jetée" de Chris Marker

Reportage à la Goutte d'Or,  émission "Tout un monde", France Culture, 2007

Extrait du film "Les 400 coups" de François Truffaut 

François Truffaut, entretien lors du festival de Cannes, 1959

Raymond Queneau,  émission "La Tribune de Paris", 1948

Riad Sattouf, émission "Une journée particulière ", France Inter, 2019

Références musicales

Bande originale du film "Les 400 coups" de François Truffaut 

Maria Callas dans Madame Butterfly de Giacomo Puccini

Gil Scott Heron, Pieces of a man

Prise de son

Jean Frédérix

Vous pouvez écouter et/ou podcaster cet entretien en cliquant sur le lien ci-dessus

Bibliographie

Intervenants

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