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Argentine (2/5) : L'œil invisible de la dictature

59 min
À retrouver dans l'émission

Deuxième temps d’une semaine entièrement consacré à l’Argentine. Aujourd’hui, nous évoquons la manière dont la fiction traite de l’époque de la dictature militaire (1976-1983) avec Magali Sequera, professeur en classe spréparatoires et titulaire d’une thèse de doctorat en Études Romanes-Espagnol. A propos du roman de Martin Kohan "Ciencias morales" (traduit en français), adapté au grand écran par Diego Lerman "L'œil invisible" en 2011.

"L'oeil invisible" de Diego Lerman
"L'oeil invisible" de Diego Lerman

Le Salon du livre qui ouvre ses portes jeudi soir prochain met l’Argentine et ses auteurs à l’honneur. Hier, nous évoquions avec le sociologue Denis Merklen les quinze dernières années du point de vue social et économique. La démocratie semble s’y stabiliser sans que les institutions pouvant soutenir l’Etat ne soient rendues solides ou pérennes. Aujourd’hui, c’est par le truchement de deux objets à l’équivoque délicatesse, que nous évoquons une période antérieure et les traces qu’elle a laissées. Ciencias Morales , le roman de Martin Kohan , et La Mirada invisibile , un film de Diego Lerman qui en est inspiré. De 1976 à 1983, l’Argentine connaît une période de dictature militaire. Ce que l’on a appelé le « processus de réorganisation » argentin procédait, dans ses premières années, par disparitions. Le régime fut responsable de la mort ou de la disparition de 30 000 personnes et de millions d’exilés. Faire disparaître. Faire silence. Retirer de la vue. C’est précisément le regard qui est au centre de ces deux œuvres troubles, où coupables, victimes, bourreaux, épiés, sont interchangeables et subissent toujours la violence qu’ils infligent. L’érotisme torve qui surgit du livre et du film qui s’en inspire est un biais tout sauf doux pour évoquer la façon dont la lute contre la "subversion", telle qu’elle fut qualifiée, a pénétré jusque sous la peau. Martin Kohan avait neuf ans quand la junte a pris le pouvoir. Diego Lerman, quant à lui, est né le jour même du coup d’état militaire le 24 mars 1976. Ce sont donc des enfants de cette époque.

L'oeil invisible
L'oeil invisible

Pour commencer, une nouvelle lecture de la comédienne Marilu Marini . Il s’agit d’un extrait de Suicides exemplaires d’Enrique Villa Matas dans une traduction d’Eric Beaumatin.

Sur le polaroid, apparaît un dimanche.

Vers 16h50 l’on entend un poème d’Antonio Porchia, écrivain né en Italie, ayant vécu en Argentine.

Programmation musicale :

  • Liliana Felipe, San miguel arcangel

  • Chloé Charles, My Child

  • Sui Generis, Rasguña las piedras

Intervenants
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