LE DIRECT

Cet éclair dans l'enfance, puis chaque jour bleu

59 min
À retrouver dans l'émission

Marilyn Hacker
Marilyn Hacker Crédits : baert

Sur un plateau, une saison et des millions d’enfances. Toute cette semaine se relaieront à cette table, cinq auteurs sollicités par le Printemps des poètes , pour écrire sur leurs enfances. L’occasion de ne parler que de poésie, donc de la densité de tout. L’enfance c’est l’enfant qu’on était, c’est ce garçon par la fenêtre qui chante et que l’on n’est pas. C’est aussi celle de nos parents, d’un autre pays, d’une autre langue. C’est ce corps qui comme les autres corps, ne cessera plus de rêver d’avoir vingt cinq ans, d’en avoir dix. D’en avoir douze. D’enfance, c’est enfin celle que l’on fait, d’un mariage précoce. Une adolescente que l’on regarde ensuite avec une tendre étrangeté. Née aux Etats Unis de parents immigrés, Marilyn Hacker vitdésormais entre New York et Paris dont les rues sont un chemin très sollicité pour l’entre deux temps. D’une rue, elle fait le décor adéquat d’un passé qui s’active: La rue Palimpseste est le titre de son dernier recueil traduit en français et paru aux éditions de la Différence en 2004. Les poèmes y sont introduits et traduits par Claire Malroux. Tout récemment, une dizaine de ses poèmes traduits par Emmanuel Moses ont été publiés dans le dernier numéro de la revue Poésie éditée par Belin.

Croyez-le ou pas, c’est le printemps. Cinq jours. Regardez les bourgeons, ils sont gros et verts de mots. Puisque la poésie se vit et se dit en live, on l’écoutera comme il se doit, dans les tous derniers moments de l'émission, dans la voix de Maelys Ricordeau qui fera le lien. Le soleil inondera lePolaroïd , le temps d’une pause déjeuner, ça y est! vous savez tout. En attendant, à 16h02, veuillez déranger la sieste des chats, veuillez arriver à l’heure, monter les deux étages, et prendre place autour de la table. Judith Magre déballe sa bibliothèque cette semaine , Savoir où de Gil Jouanard.

Enfance(s), c'est le thème ce 14ème Printemps des Poètes: Marylin Hacker, comme tous nos invités de la semaine, s'y est penchée et livre ce poème écrit en 2008 :

Quatorze ans

Les robes qu'on achetait ne m'allaient jamais,

imitées, au noir, de ces silhouettes fines

dont je suivais les modèles dans Seventeen .

ça pinçait sous les bras, la ceinture jurait,

la jupe plongeait trop (gare à moi à l'école).

Nos occases donnaient dans la caricature

mais le samedi on courait les devantures.

Devant chez Loehmann, un jour, ses jambes flageolent,

la voilà qui écume et crie après moi. Elle

a comme une crise et lâche tout pêle-mêle.

Je pense à son diabète mais le flic lance :

« Elle est saoule », et il fait venir une ambulance ;

pendant qu'elle m'invective, en repoussant mes mains.

En manque de mère, je cours les magasins.

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean Migrenne

Demain mardi, Cécile Oumhani sera notre invitée, puis nous recevrons Christian Prigent mercredi avant d'accueillir Laurence Vielle et Nimrod en fin de semaine.

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......