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Journal (4/5) : Opalka, journal s’effaçant

58 min
À retrouver dans l'émission

Quatrième moment d’une semaine entièrement consacrée au journal. Aujourd’hui le journal sera pictural, photographique, métaphysique et littéraire. De 1965 jusqu’à sa mort en 2011, Roman Opalka se photographie tous les jours devant un fond blanc, ses cheveux blanchissant se fondent peu à peu sur le fond. Notre invitée, l’écrivaine Claudie Gallay, publie ces jours-ci Détails d’Opalka (Actes Sud) où elle opère des allers et retours entre l’œuvre de ce « sculpteur du temps » et sa propre création romanesque.

Roman Opalka
Roman Opalka

Histoire de la presse papier, et tentative de définition de notre attachement, c’était lundi. Le vrai/faux journal d’un chômeur des années 30, c’était mardi. Le journal d’un chantier par des étudiants dijonnais avec leurs profs et des artistes, c’était hier (et l’on vous conseille le livre Chronique du chantier de l’Arsenal ). Aujourd’hui, c’est un journal au sens rigoureux du terme, un objet qui reporte chacun des jours, le temps qui passe, en même temps qu’il dit l’effacement de cette même chose et la tension vers la disparition. Roman Opalka est un artiste qui, pendant plus de quarante ans, peint des chiffres blancs sur des toiles noires en ajoutant progressivement du blanc au fond. A partir d’un moment, il se photographie à chaque fin de séance de travail dans une chemise blanche similaire, et enregistre sa voix disant les chiffres qu’il inscrit. Un projet embrassé totalement, décidé théoriquement, et éprouvé physiquement jusqu’à la mort. Je ne fais que de la peinture puisque je suis dans l’exaltation de tendre vers un blanc que je ferai passer du pictural au moral. L’œuvre d’Opalka est l’œuvre d’une vie, au sens grave et total de la formule.

Claudie Gallay trace sur la carte de son propre parcours les lignes qui la lient fortement à cette œuvre. Dans un livre intitulé, Détails D’Opalka , paru chez Actes Sud, et constitue aussi une sorte de journal de son propre travail.

Auparavant, c’est une lecture à voix haute. Cette semaine, la comédienne Ingrid Donnadieu déballe sa bibliothèque, elle lit aujourd’hui un extrait de Mille femmes blanches de Jim Fergus.

Sur le polaroïd du jour, apparaît un bruit.

Vers 16h50, direction l’Italie poétique, et les poèmes de Salvatore Quasimodo .

Programmation musicale :

  • Joss Stone, Free me

  • Julie Doiron, Ce Charmant Cœur

  • Dominique A, Rendez-nous la lumière

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