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La Faillite (3/5): "La fêlure" de Francis Scott Fitzgerald, une écriture de la « faillite » intime ?

59 min
À retrouver dans l'émission

**Troisième étape de cette semaine où nous explorons le mot "faillite". Il s'agit aujourd'hui d'une faillite intime, celle que décrit F-S Fitzgerald dans "La fêlure" (The crack up ), une nouvelle écrite en 1936. Notre invitée Elisabeth Bouzonviller est maître de conférences à l’université de Saint-Etienne, spécialiste de l’œuvre de F. S Fitzgerald.**

Elisabeth Bouzonviller
Elisabeth Bouzonviller

Lundi, nous avons tenté de donner les explications les plus claires sur les origines et les conséquences de la faillite de la banque Lehman Brothers. Hier, nous avons arpenté mentalement les rues de Detroit, déclarée en faillite cet été et qui subit depuis plusieurs décennies un lent effondrement.

« L’effondrement » c’est l’une des façons de traduire le titre « The Crack Up », de Francis Scott Fitzgerald, même si sa traduction la plus courante est « La fêlure ». A la demande du rédacteur en chef de la revue Esquire , Fitzgerald rédige ce texte en trois parties au début d el'année 1936. Précis de dépression. Il part d’un craquement brutal, que ressent le narrateur et qui le déstabilise dans tout son rapport au monde. Une sorte de lucidité soudaine et assassine dont il fait l’inventaire, et qui l’oblige à penser - donc à écrire - en dehors du sillon qui était caricaturalement le sien … Il s’agirait d’un sommet à l’envers, un précipice donc, révélateur d’une écriture qu’Elizabeth Bouzonviller , notre invitée, aujourd’hui qualifie d’écriture du déséquilibre.

Février 1936. Toute vie est bien entendu un processus de démolition, mais les atteintes qui font le travail à coups d’éclat - les grandes poussées soudaines qui viennent ou semblent venir du dehors, celles dont on se souvient, auxquelles on attribue la responsabilité des choses, et dont on parle à ses amis aux instants de faiblesse, n’ont pas d’effet qui se voie tout de suite. Il existe des coups d’une autre espèce, qui viennent du dedans - qu’on ne sent que lorsqu’il est trop tard pour y faire quoi que ce soit, et qu’on s’aperçoit définitivement que dans une certaine mesure on ne sera plus jamais le même. La première espèce de rupture donne l’impression de se produire vite - l’autre se produit sans presque qu’on le sache, mais on en prend conscience vraiment d’un seul coup. (La Fêlure de F.S Fitzgerald)
Auparavant, le comédien Julian Eggericks déballe sa bibliothèque. Il choisit un extrait des Préfaces du psychiatre Jean Oury , fondateur de la clinique de La Borde.

Le Polaroïd du jour est un bal parquet.

Vers 16h50 nous écoutons un nouveau poème de Georg Trakl : De profundis tiré de Crépuscule et Déclin .

Programmation musicale

  • Arthur Rubinstein joue Chopin, Mazurka en fa diese min op 6 nº 1 - Thomas Fersen & The Ginger Accident, "Jean" (sur le prochain album, parution 23/09 chez Tôt ou Tard)

  • Cole Porter avec Leslie Hutchinson, Let's do it

Intervenants
  • maître de conférences à l’université de Saint-Etienne, auteur de 'Francis Scott Fitzgerald' (Belin)
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