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L'ange de l'histoire

59 min
À retrouver dans l'émission

Vladimir Léon
Vladimir Léon Crédits : richeux

Les anges sont très présents dans l’œuvre léguée par le philosophe et critique Walter Benjamin, et lorsqu’on écrit une fiction qui marche dans ses pas, sur les chemins caillouteux de Port-Bou, juste avant qu’il ne se donne la mort en 1940, lorsqu’on décide de nommer les personnages Gabrielle et Séraphin, alors on laisse planer sur la question des anges, leur existence et leur capacité à habiter notre monde, un doux mystère… C’est ce mystère qu’il ne faudrait surtout pas lever. Walter Benjamin tenait près de lui pendant cette marche un petit cartable dont personne ne sait ce qu’il renfermait. N’est-ce pas mieux ainsi ? Croire que les anges sont une forme de moi secret, de moi non divulgué, était une pensée bien proche de Benjamin lui-même. De son origine juive en tous cas… En réalité, c’est une marche vers l’histoire, avec l’histoire, contre l’histoire, qu’entreprennent ensemble Séraphin et Gabrielle. Si l’air que l’on respire fut humé en leurs temps par les ancêtres que l’on se choisit, alors libre à nous de les convoquer sous l’apparence qu’on souhaite leur donner, et de trouver l’image du passé dans une fulgurance du présent. L’image, c’est aussi celle de cet Angelus Novus de Paul Klee, tableau que Benjamin acquiert dans les années 20, et qu’il décrit dans ses dernières thèses… un ange capable de faire surgir du nouveau… l’amour par exemple ?

Vladimir Léon est comédien, cinéaste surtout, il signe Les anges de Port-Bou , un moyen métrage d’une infinie délicatesse que l’on pouvait récemment voir au Festival du court métrage Coté court à Pantin (93).

Les anges de Port-Bou, affiche du film
Les anges de Port-Bou, affiche du film

Le Polaroïd du jour agite aussi le chronomètre, mais il est plus question d’écrire que de lire.

Tandis qu’à la fin, nous effleurerons quelques vers érotiques et féminins , piochés dans la très belle anthologie l’Eros émerveillé .

Mais pour commencer, point de sensualité, mais un grand succès de librairie de la fin du 19ème siècle. Dans Le Trésor des humbles , son auteur Maeterlinck explore quelques-uns des thèmes qui inspirent sa dramaturgie : le silence et l'indicible, le dialogue des âmes, le tragique quotidien... Il faut croire que le livre a marqué profondément le comédien Eric Caravaca , car il choisissait en avril dernier de nous en lire un extrait. Eh bien nous l’écoutons de nouveau cet après midi… !

Programmation musicale Alain Bashung, Comme un lego IDAHO, Up the hill Barbara Carlotti, Ouais, Ouais, Ouais, Ouais

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