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L'image-fantôme

58 min
À retrouver dans l'émission

Arno Gisinger, Atlas, suite Photographies, 2011
Arno Gisinger, Atlas, suite Photographies, 2011

Second moment de notre semaine toute peuplée de fantômes. Hier, nous étions à Jersey en 1853, hébergés par la famille Hugo, nous regardions les tables tourner et écoutions parler les esprits.

Aujourd’hui ce sont les images que l’on écoute. C’est quasiment ainsi que le corps réagit en pénétrant dans la grande Nef Studio national des arts contemporains à Tourcoing, le Fresnoy. Les images sont couchées au sol, elles s’offrent à la vue, certaines en mouvement, certaines figées, et le son attire notre œil vers une ici, l'autre là-bas. Cette cartographie immense laisse entrevoir des porosités, des correspondances, des possibles vertigineux, où il n’est pas de limites trop dures, voire pas de limites du tout, entre ce qui survit des images passées dans les images nouvelles. L’émotion est forte devant cette constellation, parce que les choses sont reliées. Les images ne sont pas seules en elles-mêmes et pas seules tout court. C’est une émotion face à l’histoire, une émotion qui naît de l’inverse de la causalité ou de la linéarité, c’est une émotion devant les fantômes qui font appel à nous, grandes personnes. La proposition de Georges Didi Hubermann - en collaboration avec l’artiste Arno Gisinger - au Fresnoy est non seulement une réponse expérimentale au travail d’atlas d’Aby Warburg, historien de l’art allemand, mais c’est aussi une mise à plat, une façon de le prendre aux mots puisque le titre de l’exposition est tirée de son œuvre.

Vue de l'exposition "Histoires de fantômes pour grandes personnes"
Vue de l'exposition "Histoires de fantômes pour grandes personnes"

**Histoires de fantômes pour grandes personnes est visible jusqu’au 30 décembre au Fresnoy à Tourcoing. Georges Didi Huberman est le philosophe et historien de l’art que l’on connaît. L’image survivante, histoire de l’art et temps des fantômes est parue aux éditions de Minuit, comme tous ses ouvrages.
Maintenant oubliez tout cela car pour commencer, nous sommes attendus dans la bibliothèque d
e Daniel Mesguich** , metteur en scène, et directeur du Conservatoire d’art dramatique. Aujourd’hui c’est un poème de Louis Aragon qu’il a retenu, extrait du recueil les Adieux, il s'intitule Les Rendez-vous, c’est un poème amoureux, désespéré doit-on préciser, contenant cette phrase aussi simple que sublime, "Tu n’étais nulle part où j’arrive".

Sur l’image Polaroïd du jour ce sont des perles échouées. Juste à la fissure du béton. Mais c’est bon signe.

Enfin, vers 16h50, ce sont les mots de Victor Hugo issus de son recueil Les feuilles d'automne dans la voix des Sociétaires de la Comédie Française.

Programmation musicale

Léo Ferré, La mémoire et la mer

Yael Naïm, Stupid goal

Miles Davis, Jean-Pierre

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
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