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« Occuper » (3/5) : verbe militaire

1h
À retrouver dans l'émission

Troisième étape d’une semaine entièrement consacrée au verbe « occuper ». Aujourd’hui l’occupation sera militaire. Notre invité, l’écrivain et critique d’art Jean-Yves Jouannais a entrepris depuis 2008 un cycle mensuel de conférences à Paris (Centre Pompidou) et à Reims (La Comédie) intitulé L’Encyclopédie des guerres , où il explore par entrée alphabétique les techniques, symptômes et représentations du conflit militaire depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours.

Jean-Yves Jouannais
Jean-Yves Jouannais Crédits : Hervé Véronèse - Radio France

Les occupations d’usines lundi, et les occupations de bâtiments laissés vacants hier, nous ont placés sur une échelle de corps humain. Même s’ils sont plusieurs à occuper, même s’ils sont beaucoup, l’occupation est visible à l’œil nu si l’on peut dire. L’occupation dont il est question aujourd’hui, bien que très concrète, touche aussi à une forme d’abstraction. Etre occupé par un sujet, par un être, s’occuper de quelque chose ou de quelqu’un. Ce n’est pas toujours palpable. Vivre sous occupation militaire, ça l’est déjà un peu plus. Trions les fils tirés. Cela fait cinq ans, que Jean-Yves Jouannais est occupé par l’Encyclopédie des guerres. Il s’agit d’une forme qui consiste, dans son aspect publique, à donner à date fixe des causeries par entrée alphabétique reliées au thème de la guerre. Ou croit-on. Car elles pourraient tout autant être reliées par l’idée même d’être « occupé à ». Occupé à devenir la génération d’hommes qui ne peut pas raconter sa guerre, ni son service militaire, doit donc trouver une autre manière d’habiter son genre, son sexe, son temps, son éventuelle paternité. On entend ça aussi. Son dernier livre, d’ailleurs, L’usage des ruines , ouvre sur une définition du verbe « occuper » que l’on ne se privera pas d’entendre. Il est intéressant de constater que chacune des acceptions de ce terme interroge le droit. Hier le droit au logement, contre le droit à la propriété. Aujourd’hui, par exemple, le droit spécifique de l’occupation militaire, et les droits de l’homme qui, dans la situation que connaît aujourd’hui l’Ukraine, ne peut que nous occuper.

Auparavant, Jean-Pierre Lorit déballe sa bibliothèque. Aujourd’hui, il en sort un poème, il s’agit d’un poème de Gérard de Nerval « Vers dorés », tiré du recueil Les Chimères .

Sur le polaroïd apparaît une bande de chats.

Vers 16h50, Martine Chevallier de la Comédie Française nous fait lecture d’un poème de William Butler Yeats.

Programmation musicale :

  • Xavier Rudd, Messages

  • Camille, Cats and dogs

  • Gang of four, He'd send in the army

Intervenants
  • Écrivain et critique d'art, spécialiste de la représentation de la guerre
L'équipe
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