LE DIRECT

Ombre (3/5) : Tandis que plane encore l’ombre de la guerre

59 min
À retrouver dans l'émission

Troisième temps d’une semaine consacrée à l’ombre. Notre invité, l’écrivain Xavier Boissel , a publié en 2013 son premier roman Autopsie des ombres (Inculte, 2013) dans lequel un ancien casque bleu, de retour chez lui, tente de fuir les images d’une guerre qui le hante et dont pourtant il n’a rien vu ou presque. Autopsie des ombres évoque la guerre telle que le monde occidental la perçoit aujourd’hui, lointaine, fantomatique, irréelle. Après l’histoire de l’art, et le journalisme, c’est aujourd’hui la littérature qui fait planer l’ombre de la guerre, même au dessus de ceux qui ne la vivent plus. L’ombre du langage au dessus de ceux qui peinent à prendre part au monde.

.
.

Troisième moment d’une série imaginée autour de l’ombre. Histoire de l’art lundi, et journalisme hier, ont jusqu’alors approché les ombres de manière individuelle. Une ombre / un humain, un animal. Une ombre / une voix. Un pouvoir / une ombre. Aujourd’hui c’est plus diffus, l’ombre plane collectivement. Les cieux sont assombris par la guerre passée, qui n’est pas comme les autres peut-être, mais qui hante pareil. Le personnage du roman Autopsie des ombres (Inculte), est traversé par les corps de ceux qui sont tombés au combat, et ceux qui inversement ne sont pas tombés et titubent d’être restés en vie. Ceux-là, une fois qu’ils referment la porte de leurs appartements urbains, dans des villes apparemment pacifiées, ceux-là sont livrés à ce que leur tête ne veut pas dissoudre. La guerre ne passe pas comme les saisons, comment serait-elle inoffensive une fois finie ? La guerre achève aussi ceux qui n’y meurent pas, jusqu’à ce qu’ils deviennent, l’expression est toute trouvée, l’ombre d’eux-mêmes . Un corps mort est un corps que l’on peut toucher toujours et sentir, le corps de celui rendu absent à sa propre vie, possède l’immatérialité du spectre. Autopsie des ombres de **Xavier Boissel se penche en fait sur ceux qui doutent d’être vraiment là. **

Mais pour commencer, continuons, chanceux que nous sommes, l’exploration de la bibliothèque d’Annie Mercier. Aujourd’hui,elle lit Le poème à crier dans les ruines de Louis Aragon.

Sur lePolaroid du jour apparaît une tortue.

Vers 16h50, ce sont deux poèmes de Rainer Maria Rilke , « Nuit d’été en ville » et « Clair de lune » que l’on entend dans la voix de Didier Sandre.

Programmation musicale - Bob Telson, B.O du film Bagdad Café , I'm calling you (interprétation Jewetta Steele)

  • Melanie De Biasio, I'm gonna leave you - Archie Shepp, Blasé
Intervenants
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......