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Ombre (4/5) : Initié au théâtre d’ombres

58 min
À retrouver dans l'émission

Quatrième étape d’une semaine consacrée à l’ombre avec Jean-Luc Penso , montreur d'ombres et fondateur du Théâtre du Petit-Miroir (à Issy-les-Moulineaux). Initié à Taiwan par le Maître Li Tien Lu dans les années 70, Jean-Luc Penso se consacre avec sa compagnie à la création de spectacles de marionnettes et d'ombres pour enfants.
Aujourd’hui, nous regardons les ombres, mais nous ne sommes prisonniers d’aucune caverne. Le théâtre d’ombres est un art très ancien. Des poèmes chinois datant de 121 ans avant JC en font mention. C’est en chine que l’on place traditionnellement ses origines. C’est à Taipei que Maître Li a transmis son art, patiemment, sans explications, avec le désir de le voir revivre. Et c’est de cette transmission, presque de cette injonction à élargir le répertoire que nait le Théâtre du Petit Miroir. On est au milieu des années 70, la révolution culturelle et sa politique de répression ne sont pas loin, notamment à l’égard de pratiques liées aux croyances religieuses. Alors les figurines du théâtre d’ombres qui distraient les morts et les dieux sont des objets d’autant plus fragiles. Certaines collections de musée, comme celle du Musée du Quai Branly à Paris, permettent d’approcher ces silhouettes fascinantes, découpées très finement dans du cuir coloré et qui, à elles seules, ne se contentent pas de mimer ou de reproduire le réel mais, comme une ombre, en créent une nouvelle version. C’est à la vision de ces figurines de cuir, que nous avons eu envie d’évoquer le théâtre d’ombres, avec Jean-Luc Penso .

L’ombre fait surgir la beauté. La lumière existe parce qu’elle fait exister l’ombre, parce qu’elle crée le petit miracle des silhouettes colorées, des profils plats et ternes qui brusquement s’animent, nourris de lumière. Où vient se poser, se déposer le corps, étranger à la lumière ? Je tiens les baguettes fines, et j’anime. Mouvement et voix sont l’oxygène et le sang la lumière passe, inscrit dans le monde, fait la relation à l’autre. Les silhouettes sérieuses en mouvements stylisés font régner les voix qui bruissent. Tu es près de moi, nos voix alternent et s’interchangent, tu bouges et je parle pour toi, je bouge et tu parles pour moi, la parole circule et l’acteur est tous les personnages. Derrière, le corps est pourtant calme. Emmanuelle Favier, La joie de lâcher la proie pour l’ombre (inédit)

En attendant, réjouissons-nous d’être encore pour deux jours, dans la bibliothèque d’Annie Mercier . Aujourd’hui, elle lit un extrait du Journal du voleur de Jean Genet.

 Au ShanXi les spectacles d'ombres sont présentés principalement pour les enterrements. les mariages et les naissances.
Au ShanXi les spectacles d'ombres sont présentés principalement pour les enterrements. les mariages et les naissances. Crédits : J-L Penso

Sur le Polaroïd apparaît un îlot.

Vers 16h50, nous écoutons toujours les Poèmes à la nuit de Rainer Maria Rilke dans la voix de Didier Sandre .

Programme musicale :

  • Le condamné à mort de Jean Genet, poème chanté par Marc Ogeret

  • Feist, Tout doucement

- Wen Zia, Piao ling zhi nu

  • Tsury-Ying, Tty-d

Lecture:

  • Emmanuelle Favier, « La joie de lâcher la proie pour l’ombre » (inédit, mars 2014)
Intervenants
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