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Courtilière (gryllotalpa gryllotalpa)

La courtilière

4 min

Si la courtilière est surnommée taupe-grillon, c’est qu’elle a de nombreux points en commun avec les grillons, elle est d’ailleurs bien plus « grillon » que « taupe » ! Cet insecte fait partie du même ordre des orthoptères et elle partage avec eux un goût immodéré pour le chant.

Courtilière (gryllotalpa gryllotalpa)
Courtilière (gryllotalpa gryllotalpa) Crédits : J.C. de Massary

La courtilière est aussi appelée « taupette » ou « taupe-grillon ». Deux surnoms qui nous mettent sur la voie d’un physique, somme toute, un peu particulier. Car cet insecte à la grosse tête et au thorax massif semble issu du croisement incertain d’une taupe et d’un grillon. De la taupe, il a les pattes fouisseuses très puissantes lui permettant de creuser des galeries dans le sous-sol. Le naturaliste Charles Bonnet décrit ses pattes de devant comme « terminées par des espèces de mains écailleuses tournées en dehors à la manière de celle de la taupe. Il creuse ainsi comme elle des routes souterraines ». La courtilière passe en effet une partie de son existence sous terre dans les sols meubles et aérés des champs, des jardins, et autres courtils, ancien mot pour parler des jardins clos, terme qui lui a valu ce nom de courtilière. On en connaît trois espèces en France, la courtilière commune, des vignes et provençale.

Fonceuse, la bête, quand elle creuse ses galeries, va droit devant, découpant tout sur son passage, sans prendre la peine de contourner les racines, ravageant ainsi potagers et cultures. Et contribuant à sa mauvaise réputation de nuisible. Ce qui fait qu’aujourd’hui, les courtilières ont quasiment disparu de nos paysages tant la lutte menée contre elles a été féroce.

Si la courtilière est surnommée taupe-grillon, c’est qu’elle a de nombreux points en commun avec les grillons, elle est d’ailleurs bien plus « grillon » que « taupe » ! Cet insecte fait partie du même ordre des orthoptères et elle partage avec eux un goût immodéré pour le chant. C’est qu’elle chante fort notre courtilière, 87 déciBels à un mètre pour un insecte de grande taille certes, avec son corps de 5 à 6 centimètres, mais tout de même, la puissance de ce son est équivalent au niveau de la circulation en ville ou encore plus parlant, à un aspirateur bruyant.

Aujourd’hui, même s’il devient rare de l’entendre, la courtilière reste un marqueur sonore des nuits estivales du sud de la France. C’est le moment où le mâle stridule afin de capter l’attention des femelles. Son produit en se frottant les ailes l’une contre l’autre, (comme un ongle viendrait à frotter les dents d'un peigne). Son objectif : attirer une femelle dans son terrier et ensuite se reproduire. Chose rare, le terrier a des parois très lisses et fonctionne comme une enceinte, véritable prolongation acoustique du corps de l'insecte. Car chez les courtilières communes, le trou est en fait double formant une sorte de Y. L'insecte se place à l'intersection des deux branches du Y, la tête vers les profondeurs du terrier, place stratégique pour assurer l’amplification du son produit par les ailes de l’insecte…. Et permettant ainsi à la courtilière de diffuser encore plus ardemment son chant de séduction dans la chaleur des nuits d’été.

Prises de son : Jérôme Sueur et Fernand Deroussen

Conseiller scientifique : Jérôme Sueur

Jérôme Sueur est enseignant-chercheur en bioacoustique au Muséum national d'Histoire naturelle. Sa recherche concerne la communication sonore des insectes, en particulier des cigales, et l'étude de la biodiversité par des techniques acoustiques. Il est également en charge de la sonothèque du Muséum.

Muséum national d'Histoire naturelle

Institut Systématique Evolution Biodiversité

Fernand Deroussen est compositeur audio-naturaliste, spécialiste de l'art des sons de la nature et créateur du site www.naturophonia.fr

site et blog : http://www\.oreilleverte\.fr

Recherche iconographique : Frédéric Guilbert

Rediffusion du 27 juillet 2016.

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