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Un quetzal resplendissant

Le quetzal

3 min

Lorsque l’on s’approche un peu trop près de lui, on découvre son cri de danger, la compagnie des hommes lui étant désagréable. Une présence trop humaine pour un oiseau divin.

Un quetzal resplendissant
Un quetzal resplendissant Crédits : Matt MacGillivray - Wikimedia Commons

Cet oiseau présent en Amérique centrale est un feu d’artifice de couleurs, avec sa tête verte électrique, sa petite crête de plumes jaunes qui deviennent dorées au soleil, son ventre rouge écarlate et son dos aux reflets verts émeraude voire turquoises ou bleus violacés qui varient en fonction de la lumière. Mais ce qui fait l’extravagance de cette créature, c’est son immense queue composée de plumes vertes, queue uniquement portée par le mâle. Un physique qui ne passe pas inaperçu, quoique l’animal soit fort timide et préfère les forêts de nuages, ces forêts tropicales qui baignent dans la brume, à la société des hommes. Mais voilà, comment ignorer un oiseau aux couleurs aussi extraordinaires? Le Guatemala en a fait son symbole, sa monnaie, le quetzal figurant sur son drapeau comme incarnation de la liberté.

Car le pouvoir de fascination de cet oiseau remonte à des temps très anciens, son nom lui-même signifiant en langue aztèque « longue plume verte ». Les Mayas le considéraient comme un oiseau sacré, ils aimaient particulièrement ses plumes, qui pouvaient servir d’ornementation. Que l’on songe à la superbe coiffe attribuée à l’empereur aztèque Moctesuma II, un mètre cinquante de plumes vertes de quetzal disposées en demi-cercle. Sans oublier le quetzalcoatl, nom de l’une des principales divinités aztèques, le fameux « serpent à plumes », dont les plumes viennent du quetzal.

Vous comprendrez alors que lorsque vous avez le très rare privilège de voir un quetzal dans son élément naturel, vous vous sentiez élu, comme choisi parmi les dieux. Et encore plus pendant la saison des amours, entre avril et juillet, période de l’année où le mâle se pare de sa longue queue verte. Le quetzal se lance alors dans une danse ondoyante et colorée en volant autour d’une femelle.

En tendant l’oreille, on peut l’entendre chanter, ce sera essentiellement le mâle lorsqu’il veut attirer l’attention des femelles. Mais l’on peut aussi découvrir son cri, un cri de danger, lorsque l’on s’approche un peu trop près de lui, la compagnie des hommes lui étant désagréable. Une présence trop humaine pour un oiseau divin.

Prise de son : Pablo Bolaños Sittler

Conseiller scientifique : Pablo Bolaños Sittler

Pablo Bolaños Sittler est un biologiste guatémaltèque, actuellement en thèse à l’universidad del Valle de Guatemala, thèse sous la supervision en France de Jérôme Sueur du MNHN et Thierry Aubin de l’université Paris-Sud.

Pablo Bolaños Sittler se consacre à l’étude des paysages sonores et des chants d’oiseaux. Il s’est spécialisé dans les oiseaux tropicaux dont le quetzal. Un des objectifs de sa thèse est d’étudier le quetzal grâce à sa production sonore, méthode non-invasive qui permettra de mieux connaître et protéger les populations de quetzal du Guatemala.

Avec la collaboration de la fondation Guatefuturo.

Rediffusion du 5 août 2016.

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