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Caïman à lunettes (caiman crocodilus)

Le caïman à lunettes

3 min

C’est un son qui fait penser à l’enfance, un jouet sonore qui fait pouet et avec lequel on aimerait bien s’amuser. Méfiance pourtant… car sous l’aspect sympathiquement ludique de ce bruit, se cache un jeune caïman à lunettes en situation de détresse.

Caïman à lunettes (caiman crocodilus)
Caïman à lunettes (caiman crocodilus) Crédits : D. Massemin

Dans les minutes qui vont suivre, la mère caïman viendra à sa rescousse. Soit environ 1 mètre 50 de corps recouvert d’écailles vertes olive, pour une gueule remplie de dents pointues. Il vaut mieux donc quitter ces marais au plus vite. Car en matière de sécurité infantile, la mère caïman ne plaisante pas. Tout comme l’ensemble des crocodilia d’ailleurs, soit les crocodiles, alligators et caïmans, qui tous ont un lien très fort à leurs petits.

A cela une raison liée à l’évolution, les crocodilia ont le même ancêtre commun que les oiseaux, connus eux aussi pour le soin qu’ils apportent à leurs jeunes : il s’agit de l’archosaure. Oiseaux comme crocodilia partagent ainsi quelques caractéristiques, comme par exemple la présence d’un gésier, le fait qu’ils ne mâchent pas leur nourriture (les dents des crocodilia leur servant à attraper leur proie), les paupières qui protègent leurs yeux. Contrairement aux autres reptiles qui ne viennent pas des archosaures, comme par exemple les lézards et les tortues, les crocodilia, comme les oiseaux, sont très sonores…. Ils ont une large palette acoustique, qui va du cri de menace au cri de détresse, en passant par le cri de contact, pour ne citer qu’eux.

Mais revenons-en à nos mères caïmans à lunettes, qui doivent leur nom à la présence d’une crête osseuse reliant les deux yeux, un peu à la manière de la branche médiane des lunettes. Les mères s’occupent de leur nid, déterrent légèrement les œufs quand la période d’éclosion arrive, aident les petits à sortir de l’œuf, puis elles vont surveiller leur progéniture pendant de nombreux mois. Car le jeune caïman est tendre et vulnérable. De nombreux prédateurs n’en feraient bien qu’une bouchée, que ce soit les varans, les hérons et… les caïmans mâles, contre lesquels les mères sont prêtes à se battre pour protéger leurs petits. Au début, les jeunes se cachent dans les herbes mais très vite, il faut bien aller se nourrir, ils vont généralement dans les rivières et peuvent facilement être emportés par la force du courant, avec en aval les mâles qui les attendent.

Les petits cris de contact qu’émettent les jeunes entre eux, permettent à la mère de savoir où ils se trouvent et de leur ramener dans sa gueule ou sur la tête si elle estime qu’ils sont trop loin. Par ailleurs, quand ils sont attaqués par un prédateur, ils poussent un cri de détresse qui permet là encore à la mère de venir au plus vite. La différence est assez subtile entre un cri de contact et un cri de détresse, il faut bien être caïman pour pouvoir en apprécier la différence !

Prise de son : Thierry Aubin

Conseiller scientifique : Thierry Aubin

Après des études de neurobiologie et d’éthologie, Thierry Aubin s’est spécialisé dans les communications acoustiques animales. Il s’est en particulier intéressé aux communications des manchots, oiseaux chanteurs et otaries. Il a publié plus d'une centaine d’articles scientifiques et a effectué de nombreuses missions en Arctique, Antarctique et Amazonie. Directeur de Recherche au CNRS, il dirige l’équipe « communications acoustiques » au sein de l’UMR 9197 Neuro-PSI de l’Université Paris-Sud (http://neuro\-psi.cnrs.fr/).

Site internet : http://www.cb.u\-psud.fr/

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