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un groupe de narvals

Le narval

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Si pendant longtemps on a eu peu d’informations sur les narvals, c’est qu’ils vivent dans des eaux difficiles d’accès, au pôle nord, loin des regards humains. On a pu cependant les enregistrer et découvrir qu’ils possédaient un beau panel de sons, montrant d’importantes interactions sociales.

un groupe de narvals
un groupe de narvals Crédits : NOAA Photolib Library

Dans la famille des cétacés, on a parfois l’impression que la nature a été particulièrement créative et facétieuse, on trouve des baleines de toute taille de 10 à 30 mètres, des créatures à dents ou à fanons, des têtes rondes comme celles des globicéphales ou carrés comme celle du cachalot, voire souriantes comme celle du dauphin. Mais celui qui semble détenir la palme de l’étrange, c’est le narval avec sa dent qui semble lui sortir de la tête et qui peut mesurer jusqu’à 3 mètres alors que l’animal ne dépasse pas les 5 mètres. Et nous de nous interroger : avec un outil pareil, comment nage-t-on ? Comment s’approche-t-on même de ses congénères alors que le moindre tête à tête semble impossible…

Pendant longtemps, les hommes ont cru que les narvals utilisaient cette dent pour chasser ou se défendre, un peu à la manière d’une épée ou des cornes d’un taureau. Ce n’est pourtant pas le cas. Aucun combat n’a jamais été observé, de même que le système de pêche des narvals n’est pas basé sur l’utilisation de cette dent… Ne serait-ce que parce qu’elle est trop grande pour pouvoir être maniée avec précision.

Cette dent, aussi spectaculaire soit-elle, a pourtant de nombreuses utilités, bien éloignées des vertus miraculeuses qu’on prêtait à la corne de licorne à qui on l’a longtemps associée : la dent du narval est ultra sensible. Sensible aux différences de température, de pression et à des composants chimiques de l’environnement. Par exemple, des scientifiques ont présenté de l’eau salée et de l’eau douce à la surface de la mer et ils ont noté des changements cardiaques chez les mâles. Car cette dent torsadée de droite à gauche (la torsade augmentant ainsi la surface de contact avec l’eau) contient des millions de terminaisons nerveuses. C’est un véritable organe de détection sensorielle qui donne aux narvals de nombreuses informations bien utiles sur leur environnement et donc sur leur bien-être. Cette dent permettrait aussi de déceler les micro composants propres aux espèces animales dont se nourrit le narval, voire même de détecter les hormones des femelles narvals, la dent étant l’apanage des mâles. On notera au passage que cette dent contrairement aux apparences, n’est pas rigide et qu’elle peut se courber jusqu’à un certain point. Attention cependant, car si jamais la dent vient à se briser, elle ne repoussera pas.

Si pendant longtemps on a eu peu d’informations sur les narvals, c’est qu’ils vivent dans des eaux difficiles d’accès, au pôle nord, loin des regards humains. On a pu cependant les enregistrer et découvrir qu’ils possédaient un beau panel de sons, montrant d’importantes interactions sociales. Les narvals, comme un grand nombre de cétacés sont bavards et émettent des clics, des vocalises et des sifflements. Ces émissions sonores permettent ainsi aux scientifiques de détecter leur présence dans les différentes zones du pôle nord tout au long de l’année, y compris en hiver. Et de surveiller une population qui reste difficile à évaluer et qui est fragilisée par les impacts des activités humaines, et en particulier par les modifications impliquées par le réchauffement climatique.

Prise de son : Dr. Kate Stafford, Applied Physics Lab, Université de Washington (USA)

Conseiller scientifique : Olivier Adam de l’université Pierre et Marie Curie

Olivier ADAM est spécialisé en traitement du signal et bioacoustique. Depuis plus de 15 ans, il étude les émissions sonores des cétacés pour caractériser leurs comportements, leurs interactions, et aussi pour les détecter et les localiser à distance. Récemment, il a décrit le générateur vocal des baleines à bosse faisant le lien entre l'anatomie et les caractéristiques acoustiques des chants. Olivier ADAM travaille également sur les interactions mère-baleineau et sur le comportement des dauphins. Il est expert pour des projets d'impact d'activités humaines sur l'environnement.

Pour plus d’informations sur les cétacés en général :

Les sites qui font références :

Commission Baleinière Internationale

Il y a des rapports scientifiques sur la connaissance des cétacés partout dans le monde, mené par des laboratoires et des ONG.

La liste rouge de l'IUCN fait référence actuellement. Elle donne le statut de l'espèce et son degré de vulnérabilité.

Deux grands laboratoires qui travaillent sur les cétacés :

- National Marine Mammalogy Lab (Seattle, USA)

- Scripps (San Diego, USA)

Rediffusion du 10 août 2016.

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