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 Morse du Pacifique (odobenus rosmarus)

Le morse

3 min

Pendant la période des amours, les mâles morses paradent pendant des heures afin d’attirer l’attention des femelles, dansant sous l’eau en enchaînant des productions sonores sous-marines, mélanges de « toc-toc-toc» et sons semblables à des cloches avec des sifflements la tête une fois hors de l’eau.

 Morse du Pacifique (odobenus rosmarus)
Morse du Pacifique (odobenus rosmarus) Crédits : Joel Garlich Miller, U.S. Fish and Wildlife Service

On retient de lui ses moustaches drues, son aspect massif, et bien sûr ses longues défenses, pouvant parfois atteindre un mètre… Deux superbes canines en ivoire présentes chez les deux sexes, même si chez le mâle, avoir de longues et épaisses défenses est un signe de puissance et donc de respect. Des dents bien utiles aussi pour fouiller dans le sable à la recherche de mollusques ou dès qu’il s’agit de hisser ce corps lourd sur la banquise, un coup de dent planté dans la glace et voilà notre animal qui s’extirpe de l’eau.

Cap sur Igloolik, dans le Nunavut, au Canada. C’est sur la banquise qu’on trouvera le morse, qui très sociable, vit entouré des siens, les individus se collant et se frottant les uns aux autres, formant ainsi un groupe soudé : un animal en détresse peut être aidé par ses congénères, tout comme être défendu face à un prédateur, en l’occurrence les ours polaires et les orques.

Lorsque la période des amours arrive dès le mois de février, cette harmonie est pour un temps brisée. Les morses se rassemblent dans des polynies, des espaces d’eau de mer libres entre les blocs de glace. Les mâles vont alors parader pendant des heures afin d’attirer l’attention des femelles, dansant sous l’eau en enchaînant des productions sonores sous-marines, mélanges de « toc-toc-toc» et sons semblables à des cloches avec des sifflements la tête une fois hors de l’eau. Jusqu’à ce qu’une femelle choisisse un mâle avec lequel elle s’accouplera, en le rejoignant dans la mer.

L’année suivante, en juin, la femelle accouchera d’un petit qu’elle va allaiter jusqu’à ses trois ans. L’été, la banquise fond sous l’effet des températures qui remontent. Mais les plaques de glace qui restent sont de parfaits reposoirs pour les mères et leurs petits qui ne peuvent pas rester longtemps dans l’eau : ils ne sont pas encore assez gras et risquent l’hypothermie. Comme ils sont souvent nombreux sur leur plaque, la glace finit par craquer sous le poids, plouf… tout le monde tombe à l’eau, petit effet de bousculade, léger vent de panique produit par le risque de séparation. Les mères appellent leurs petits qui eux-mêmes, crient. Plus de peur que de mal, car les uns et les autres ont une signature vocale unique qui fait que tout le monde se retrouvera. Le lien entre la femelle morse et son petit est très fort, elle n’hésitera pas par exemple à se mettre sur le chemin de l’ours prêt à attaquer son enfant. Un attachement que les Inuits ont pu constater, eux qui ont vu des mères poursuivre sur des kilomètres et des kilomètres le bateau emportant leur petit.

Avec la complicité d’Isabelle Charrier de l’université Paris-Saclay et de la sonothèque du Museum national d’Histoire naturelle.

Pour aller plus loin :

Page d'information du gouvernement canadien sur le Morse de l'Atlantique (population de l'Atlantique Nord-Ouest)

Le morse de l'Atlantique (Odobenus rosmarus rosmarus) sur la Red List des espèces menacées d'extinction

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