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Lions des mers australiens, Iles Kangaroo, Sud de l'Australie

Le lion des mers australien, aboyeur vindicatif

4 min

Le mâle délimite son territoire en aboyant, et la mère est capable de distinguer la voix de son jeune, des cris des autres petits de la colonie, et cela, quelques jours seulement après la mise bas.

Lions des mers australiens, Iles Kangaroo, Sud de l'Australie
Lions des mers australiens, Iles Kangaroo, Sud de l'Australie Crédits : TUNS - Maxppp

Avec un nom comme ça, on imagine sans peine la bête…. Avec sa crinière blonde, dense fourrure lâchée sur les épaules, cette grosse otarie en impose. Que ce soit par la taille, 1m50, son poids, 300 kg mais pouvant aller chez les lions de mer de Steller jusqu’à 2 mètres 90 pour une tonne. Dans la famille des otaridés, le Neo-phoca cine-rea, pour reprendre son nom latin, règne sans conteste.

On trouve des lions des mers sur les côtes californiennes, dans les eaux néo-zélandaises et australiennes. C’est d’ailleurs de ce côté que nous nous rendons. Direction l’île Kangourou, située au sud de l’Australie, véritable paradis animal où l’on croise des kangourous bien sûr, mais aussi des koalas, des ornithorynques, des otaries à fourrure et notre lion des mers, espèce protégée car en diminution depuis des années.

Les lions des mers vivent en colonie, on appelle ça des rookeries. Même si les mâles n’ont pas de territoire délimité, ils vont, pendant la période de reproduction, avoir un petit harem de femelles qu’ils vont garder et défendre envers et contre tout. Au point de limiter les mouvements et les déplacements des femelles avant l’accouplement : le lion des mers mâle sait se montrer autoritaire même s’il reste bon enfant. En revanche, si un autre mâle entre dans cet espace, il aboie, prêt au combat : cris, coups de tête, morsures, le lion des mers ne se laissera pas décontenancer. On n’approche pas impunément de son harem.

Un lion des mers australien au large de l'île Neptune, Sud de l'Australie
Un lion des mers australien au large de l'île Neptune, Sud de l'Australie Crédits : Winkler, A. - Maxppp

18 mois après l’accouplement, la femelle donne naissance à un petit, dont elle s’occupera quasi à plein temps. Elle le garde avec elle, l’allaite et en prend le plus grand soin. Mais comme chacun le sait, on ne peut vivre d’amour et d’eau fraîche, il faut bien que la mère parte régulièrement en mer pour se nourrir. Le petit reste alors seul dans la colonie pendant un à deux jours et jeûne. Les premiers mois, tout bébé qu’il est, il se cache dans la végétation, les rochers, les buissons en attendant le retour de sa mère. Ensuite, une fois devenu un peu plus grand et plus mobile, il reste avec d’autres congénères du même âge. La mère revenue, il tète le lait maternel pendant 2 à 3 jours jusqu’à ce qu’elle reparte en mer, alternant de sorte, périodes de jeûne et d’allaitement. Le sevrage démarrera aux alentours de ses 18 mois.

Mais comment font la mère et son petit pour systématiquement se retrouver, dans une colonie où les individus sont nombreux plutôt bruyants, où les petits peuvent se déplacer et où le retour de la mère n’est pas programmé à l’heure près? Tout simplement par la voix. L’un et l’autre s’appellent, en poussant des cris. Chaque cri d’animal est unique, c’est pour cela qu’on peut parler de signature vocale. La mère est ainsi capable de distinguer la voix de son jeune, des cris des autres petits de la colonie, et cela, quelques jours seulement après la mise bas. Rendant ainsi les retrouvailles aussi sonores que joyeuses.

Prise de son : Isabelle Charrier
Conseillère scientifique : Isabelle Charrier
Isabelle Charrier est Chargée de Recherches au CNRS, elle étudie les relations entre systèmes de reconnaissance et structures sociales chez les Pinnipèdes (phoques, otaries et morses). Elle s'intéresse particulièrement à la reconnaissance entre la mère et son jeune, et la compétition entre mâles pendant la saison de reproduction. Les pinnipèdes sont des modèles mammifères intéressants pour ce type d'études, car ils présentent non seulement une diversité dans leur structure sociale allant des espèces ultra-coloniales à des espèces solitaires, mais aussi une diversité dans leur système de reproduction allant de la monogamie en série à la polygynie extrême.
Site web
Site web de l'équipe
Nom du labo: Institut des Neurosciences Paris Saclay, UMR 9197 du CNRS
Nom de l'équipe: Communications Acoustiques

Plus d’infos sur le lion de mer australien (Neophoca cinerea) :   Sur la liste des espèces menacées   Fiche sur le site internet du gouvernement australien

Rediffusion du 22 août 2016.

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