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Deux orques au large de l'Alaska

L'orque, super prédateur social

4 min

Les orques ont des choses à dire, elles ont donc un répertoire sonore important, allant des vocalises aux mugissements, en passant par des sifflements, clics et autres buzz. Des sons qui contribuent à la structuration du groupe et à la transmission culturelle mère/jeune.

Deux orques au large de l'Alaska
Deux orques au large de l'Alaska Crédits : Robert Pittman - NOAA

Si le lion est le roi des animaux sur terre, l’orque, elle, règne sur les mers. C’est le super prédateur par excellence. Située au sommet de la chaine alimentaire, on ne lui connaît aucun ennemi, en dehors de l’homme faut-il le rappeler, et même lorsque son chemin croise celui d’un requin blanc, tous deux ont tendance à s’ignorer (1). Peuvent finir entre ses dents, qu’elle possède nombreuses et robustes, manchots, jeunes baleines, dauphins, morses, phoques et j’en passe. Son nom est aussi associé à la puissance, de part ses mensurations, la nageoire dorsale tendue du mâle qui peut faire plus d’un mètre de hauteur voire deux, de par sa nage : de tous les cétacés, l’orque est la plus rapide.

La liste des superlatifs et des louanges ne s’arrête pas là, car l’orque est aussi remarquablement intelligente, dans le sens elle trouve des solutions à des situations inédites en adaptant son comportement, dans la mise au point de nouvelles stratégies de chasse par exemple (2).

Car ces cétacés sont des créatures extrêmement sociales ayant des interactions fortes, par le toucher, le contact visuel et les émissions sonores. Jamais vous ne croiserez d’orque ermite et solitaire. Bien au contraire, ces animaux vivent en groupe, s’organisent entre eux pour chasser et s’entraident. Ainsi, lors de la mise-bas, une orque viendra assister la mère et l’aidera à porter le petit à la surface afin qu’il puisse respirer.

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. Crédits : F. Moutou - SFEPM

Autre fait remarquable, les séances d’apprentissage chez les orques qui transmettent à leurs petits, les subtilités de leurs techniques de chasse. Comment, par exemple, provoquer une énorme vague pour faire tomber un phoque de son morceau de glace. Comment s’échouer volontairement sur une plage pleine de phoques histoire d’en attraper un, tout en profitant de son élan pour retourner au plus vite dans la mer. Technique de haut vol très risqué qui peut donner lieu à quelques ratés, mortels pour elles (3), les petits doivent donc s’entrainer, les séances d’apprentissage sont là pour ça, avec leurs exercices pratiques, comme à l’école (4).

On se doute bien que plus on vit en groupe, plus le besoin et l’envie de communiquer sont grands, contrairement aux créatures solitaires qui, peut-être, soliloquent. Les orques, nulle surprise à cela, ont des choses à dire, elles ont donc un répertoire sonore important. Leurs lèvres phoniques placées au niveau des évents leur permettent de produire une très grande diversité de sons allant des vocalises aux mugissements, en passant par des sifflements, clics et autres buzz. Des sons qui contribuent à la structuration du groupe, à la transmission culturelle mère/jeune. Il existe aussi des signatures sonores familiales, claniques ou géographiques. Une véritable palette sonore qui résonne (5) en haute-mer comme près des côtes, et dans les océans du monde entier car, ultime qualité, l’orque est cosmopolite.

Prise de son : Olivier Adam
Conseiller scientifique : Olivier Adam
Professeur à l'Université Pierre et Marie Curie (Paris, France), Olivier Adam est spécialisé en traitement du signal et bioacoustique. Depuis plus de 15 ans, il étude les émissions sonores des cétacés pour caractériser leurs comportements, leurs interactions, et aussi pour les détecter et les localiser à distance. Récemment, il a décrit le générateur vocal des baleines à bosse faisant le lien entre l'anatomie et les caractéristiques acoustiques des chants. Olivier Adam travaille également sur les interactions mère-baleineau et sur le comportement des dauphins. Il est expert pour des projets d'impact d'activités humaines sur l'environnement.

Institut d'Alembert CNRS-UPMC
Institut des Neurosciences Paris Saclay

Quelques remarques complémentaires au texte, apport d’Olivier Adam :
(1) la rencontre entre une orque et un requin : comment est-il possible que des orques se fassent respecter par des grands requins blancs dont on sait qu'ils sont extrêmement puissants, extrêmement agressifs et sans concession : ils sont là pour tuer. Donc, comment cela est-il possible ? Et bien, la réponse, c'est que les orques sont intelligentes. Elles sont tellement sociales, qu'elles mettent en place des stratégies de défense/attaque particulièrement fortes et astucieuses. Autrement dit, là où les requins sont solitaires sans être capables de mettre en place une stratégie collective pour être plus forts, les orques qui pourraient être moins puissantes/fortes que les requins, ont des stratégies audacieuses qui leur permettent d'avoir cette place de leader... et elles ne sont pas là pour jouer : la sanction, c'est la mort (même démarche pour les lions dans la jungle : si vous les attaquez, il ne faut pas les louper, sinon, c'est la mort !).

(2) De nouvelles stratégies de chasse par transmission culturelle :
On peut aussi évoquer la déprédation (vol des poissons sur les palangres) : en fait, les orques arrêtent de chasser et attendent que les poissons se fassent prendre sur les palangres pour venir les récupérer ! Dans ses travaux dans les TAAF, Christophe Guinet (CEBC-CNRS) a montré que certaines orques se sont spécialisées dans ces vols... et notamment pour manger des légines (poissons très gras et particulièrement bons) qui n'étaient pas dans leur menu puisque ce sont des poissons de très grandes profondeurs. Mais du coup, lorsque la palangre remonte le poisson dans la zone où les orques peuvent l'atteindre (entre 20m et 100m de profondeur), les orques viennent le déguster : un peu comme le chocolat en haut de l'armoire !!!

(3) La technique de chasse de phoque à la plage :
Il faut dire que le raté, ce n’est pas rien : c'est l'échouage et donc la mort. Vu le poids de l'orque, si elle s'échoue, elle meurt. Mais cette technique est rentable car les phoques sont moins rapides et moins à l'aise sur la plage que dans l'eau... et c’est donc une très bonne alternative de chasse. Notamment parce que plus les orques s'entraînent, plus elles deviennent expertes dans cette technique et plus elles prennent confiance en elles.

(4) Les séances d’apprentissage chez les orques. Les petits sont à l'école : il s'agit d'un réel apprentissage, avec des séances de devoirs à faire.

(5) Les orques émettent des sons stridents qui s'entendent relativement loin. J'ai toujours l'impression que ce sont les seuls cétacés qui hurlent... exactement comme Tarzan dans la jungle ! L’orque : puissante, confiante et fière !

Quelques sites et vidéos :

- Association FNE SPM  (France)

- Chez les cétacés, c’est l’orque qui nage le plus vite

- L’apprentissage est présent chez les orques, notamment la transmission des techniques de chasse

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- La pêche industrielle et la pêche non-industrielle sont les premiers concurrents directs des orques. Il ne s’agit plus seulement de vider les océans, mais d’affamer les autres espèces. La destruction actuelle des ressources marines est un réel problème... 
...et mériterait que des actes politiques soient pris
et que des alternatives à ces méthodes/moyens soient discutées et mises en place au plus vite.
Il s’agit d’un point extrêmement politique puisque les pêches industrielles dans le monde, c’est l’Espagne et la France !


Autre point politique, la présence contestée des orques dans les « marineland » :
Voir BlackFish, le documentaire choc sur les dangers de la captivité : comment une orque peut-elle finir par tuer sa dresseuse ?

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