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Outarde houbara

L’outarde houbara, l'oiseau qui fait boum

3 min

Le mâle outarde houbara « boome », il produit des boums de très basse fréquence, fait rarissime chez les oiseaux. Difficile de savoir comment ces boums sont produits. L’oiseau garde le bec fermé et on suppose que sa trachée, élargie à la réunion des deux bronches, doit servir de caisse de résonance.

Outarde houbara
Outarde houbara Crédits : J.Munier

Nous sommes dans des plaines semi désertiques ou même dans des steppes arides parsemés de petits buissons secs. Cela pourrait être quelque part en Afrique du Nord, au Moyen-Orient ou en Asie occidentale. Devant nous, des tons ocre et sablé à perte de vue, jusqu’à ce que tout à coup l’œil soit attiré par une tâche blanche : à y voir de plus près, cela ressemble à une houppette de plumes qui zigzague dans tous les sens. Voilà l’outarde houbara, un oiseau élancé d’environ 70 centimètres, qui entre en scène toutes plumes dehors, afin de se livrer à une parade nuptiale pour le moins flamboyante. Cette parade a lieu entre fin janvier et juin, période au cours de laquelle le mâle enchaîne des mouvements spectaculaires.

Il y a par exemple cette posture statique où l’outarde hérisse progressivement les longues plumes ornementales de sa tête et de son cou. Il y a ce mouvement où le mâle marche en relevant les pattes puis d’un coup, part en trottinant, basculant la tête en arrière, entre les deux omoplates, et en projetant devant lui l’ensemble de ses plumes ornementales. Vue de loin, la scène donne l’impression de voir un capuchon blanc courant en cercle, en huit ou en ligne droite, sans que l’on ne connaisse toujours son objectif, sensation renforcée par le fait que l’oiseau ne voit plus rien avec toutes ses plumes qui lui cachent la vue. Cette course effrénée peut durer un moment, jusqu’à ce que l’outarde houbara s’arrête, se redresse et chante.

Outarde houbara
Outarde houbara Crédits : F-G Grandin / MNHN
Outarde houbara
Outarde houbara Crédits : F-G Grandin / MNHN

Un chant, qui lui aussi, relève du spectaculaire car l’outarde, en l’occurrence le mâle, « boome », elle produit des boums de très basse fréquence, fait rarissime chez les oiseaux. Difficile de savoir comment ces boums sont produits. L’oiseau garde le bec fermé et on suppose que sa trachée, élargie à la réunion des deux bronches, doit servir de caisse de résonance. Ce son est produit uniquement au cours de la parade amoureuse, à l’aube ou au crépuscule, le reste du temps l’oiseau étant plutôt silencieux. Certains mâles préfèrent boumer dans l’obscurité, et y passeront la nuit entière.

Le son pouvant s’entendre à plus de 600 mètres, on imagine que les femelles finissent par se rapprocher et aller y voir de plus près, mais comme le propre de cette espèce est d’être discrète et très timide, les chercheurs ont eu peu d’occasion d’observer la reproduction de ces oiseaux.

Fait notoire, l’outarde houbara a une espèce très proche, presque jumelle, pour laquelle on ne peut avoir qu’une vraie tendresse, il s’agit de l’outarde Macqueen, oiseau un peu plus petit que la houbara mais dont le nom Macqueen claque tout comme son chant dont les boums sont encore plus percutants et rythmés et dont la fréquence fondamentale est encore plus basse que la houbara : 25 Hz contre 45. Impossible alors de résister à cet appel à la danse !

Prise de son : Fanny Rybak et Clément Cornec. Collaboration NeuroPsi et l'Emirates Center for Wildlife Propagation (ECWP, Reneco, Yves Hingrat)

Conseillère scientifique : Fanny Rybak

Pour en savoir plus sur l'ECWP

Outarde houbara
Outarde houbara Crédits : F-G Grandin / MNHN
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