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Max Ernst, "Pétales et jardin de la nymphe Ancolie", 1934, Peinture à la résine synthétique transférée sur panneaux de bois, 415 × 531 cm, Zurich, Kunsthaus

Emma Lavigne : "Le jardin est un sujet d’explorations et de métamorphoses pour de nombreux artistes"

20 min

Emma Lavigne est co-commissaire d'une exposition au Centre Pompidou-Metz consacrée au jardin, un infini sujet d'inspiration qui a traversé les époques et les mouvements. L'exposition mêle le vivant aux peintures et installations et montre ce jardin infini comme un miroir complexe du monde.

Max Ernst, "Pétales et jardin de la nymphe Ancolie", 1934, Peinture à la résine synthétique transférée sur panneaux de bois, 415 × 531 cm, Zurich, Kunsthaus
Max Ernst, "Pétales et jardin de la nymphe Ancolie", 1934, Peinture à la résine synthétique transférée sur panneaux de bois, 415 × 531 cm, Zurich, Kunsthaus Crédits : © Adagp, Paris, 2016

Aujourd'hui dans Paso Doble :

Emma Lavigne, directrice du Centre Pompidou-Metz et co-commissaire de l’exposition Jardin infini, de Giverny à l’Amazonie jusqu’au 28 août 2017 à Metz.

Je m’interrogeais sur cette fascination du jardin pour les artistes contemporains, si on leur pose la question : « préférez-vous faire une exposition dans un musée ou créer un jardin ? » on connaît la réponse, c’est faire un jardin. Pourquoi tout à coup, dans le champ de l’art contemporain, il y a cette sensibilité pour ces processus de vie, de vitalisme, de métamorphoses des formes ? C’est ce qui a guidé ce travail de recherche pour comprendre comment cette sensibilité au jardin, issue dans cette exposition du maniérisme, à des courants à rebours de la raison, réapparaissait dans certains mouvements comme le surréalisme jusqu’à l’art contemporain.

Peter Hutchinson, "Berlin-Aruba", 1992, Collage photographique couleur en 34 éléments, rehaussé à l’encre et au pastel, monté sur un panneau, 102 × 141 cm, Limoges, Frac du Limousin Achat, 1992
Peter Hutchinson, "Berlin-Aruba", 1992, Collage photographique couleur en 34 éléments, rehaussé à l’encre et au pastel, monté sur un panneau, 102 × 141 cm, Limoges, Frac du Limousin Achat, 1992 Crédits : Photographe : Freddy Le Saux © Peter Hutchinson

Présentation de l'exposition par le Centre Pompidou-Metz

Loin d'être un espace clos et limité, l'exposition explore le jardin comme un territoire infini. Il représente un lieu d’hybridation, d’expérimentation et d’étrangeté aux yeux de nombreux artistes. Perpétuelle source d’inspiration, ce Jardin infini rassemble environ 300 œuvres de la fin du 19ème à nos jours.
L’exposition, à vocation pluridisciplinaire et sensorielle, présente un grand nombre d’installations contemporaines, dont le monumental Léviathan-main-toth d’Ernesto Neto (2005). D’autres artistes de renom, tels que, Dominique Gonzalez-Foerster, Laurent Grasso, Rebecca Horn ou Yayoi Kusama, expérimentent et fantasment la nature de ce Jardin Infini.
D’après une scénographie de l’artiste catalan Daniel Steegmann Mangrané, les deux galeries du Centre Pompidou-Metz incarnent un vaste espace naturel : du monde tellurique à la lumière. Le parcours libre et ouvert sur la ville de Metz, avec l’aménagement de trois jardins d’artistes hors les murs, invite le public à cheminer à travers cette exposition comme dans un paysage inconnu.

Pierre Huyghe, "Nymphéas Transplant",14-18, 2014, Vue de l’exposition « In.Border.Deep », Londres, Hauser & Wirth, septembre 2014, Écosystème de l’étang de Giverny, 200,5 × 143,5 × 128,5 cm, Courtesy de l’artiste
Pierre Huyghe, "Nymphéas Transplant",14-18, 2014, Vue de l’exposition « In.Border.Deep », Londres, Hauser & Wirth, septembre 2014, Écosystème de l’étang de Giverny, 200,5 × 143,5 × 128,5 cm, Courtesy de l’artiste Crédits : © Adagp, Paris, 2016 © Photo Alex Delfanne
Ernesto NETO, "Flower Crystal Power", 2014 Contreplaqué, tissu, mousse polyuréthane, pierres semi-précieuses, poulies, épices, hauteur : 421,6 cm, diamètre : 741,7 cm Vue de l’exposition « Ernesto Neto: Gratitude », Aspen Art Museum, 2014
Ernesto NETO, "Flower Crystal Power", 2014 Contreplaqué, tissu, mousse polyuréthane, pierres semi-précieuses, poulies, épices, hauteur : 421,6 cm, diamètre : 741,7 cm Vue de l’exposition « Ernesto Neto: Gratitude », Aspen Art Museum, 2014 Crédits : Courtesy Ernesto Neto et Tanya Bonakdar Gallery, New York, Photo : Tony Prikryl

Comme Peter Hutchinson qui crée ses jardins en lançant des cordes dans la terre, l’exposition lance une corde contre l’orthogonalité du jardin à la française et montre à quel point le jardin est un miroir, comme le disait Foucault, la plus petite partie du monde et en même temps sa totalité, et que finalement notre conception du jardin, nourrie évidemment de toutes ces traditions essentielles du jardin à la française, on doit la reconsidérer pour comprendre que d’autres jardins peuvent exister, comme l’Amazonie est un jardin qui a été éminemment cultivé par les Indiens de façon extrêmement raffinée et que ce jardin qui nous semble être une immensité est un territoire qui diminue terriblement avec la déforestation et continue à être un lieu d’inspiration pour certains artistes comme Artisto Neto.

John Craven, "Jean Dubuffet à Vence", 1959 Épreuve photographique, 24 x 18 cm Paris, archives Fondation Dubuffet
John Craven, "Jean Dubuffet à Vence", 1959 Épreuve photographique, 24 x 18 cm Paris, archives Fondation Dubuffet Crédits : © Archives Fondation Dubuffet / photographie : John Craven
David Medalla, "Puso ng Saging, no. 2", 1986 Huile sur toile, 190 × 190 cm Berlin, courtesy Adam Nankervis, another vacant space
David Medalla, "Puso ng Saging, no. 2", 1986 Huile sur toile, 190 × 190 cm Berlin, courtesy Adam Nankervis, another vacant space Crédits : © David Medalla © Courtesy another vacant space / photos Christina Dimitriadis

Il y a sous cette question de la botanique, des enjeux de pouvoir. On a tendance à oublier que pour Monet, ça a été un combat de créer véritablement son jardin, Giverny ; l’acclimation de certaines plantes qui provenaient du Japon suscitaient les craintes des fermiers qui pensaient que ces plantes exotiques allaient empoisonner le bétail qui allait pêtre autour du jardin. Il y a donc ces ressorts de l’acclimatation de la botanique, du contrôle du vivant et cette exposition les explore.

Teresa Murak, "Rzezba dla Ziemi, Ubbeboda Center (Sweden)" [« Sculpture pour la Terre, Ubbeboda Center, Suède »], 1974 Épreuve gélatino-argentique, 14 × 23,3 cm Courtesy Campagne Première, Berlin
Teresa Murak, "Rzezba dla Ziemi, Ubbeboda Center (Sweden)" [« Sculpture pour la Terre, Ubbeboda Center, Suède »], 1974 Épreuve gélatino-argentique, 14 × 23,3 cm Courtesy Campagne Première, Berlin Crédits : © Teresa Murak

Les questions de la science et de l’esthétique, de la recherche plastique, sont sans cesse hybridées dans l’exposition. Même les scientifiques se laissent progressivement rattraper par ce qui fascine les artistes, ces processus de métamorphoses infinies.

Chroniques
6H25
3 min
Les Émois
"Mangés par la terre" ou le monde soutinien de Clotilde Escalle

Bibliographie

Jardins. Une anthologieCitadelles & Mazenod, 2017

Intervenants
  • Historienne de l'art, directrice du Palais de Tokyo, ancienne directrice du Centre Pompidou-Metz
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
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