LE DIRECT
Le Lac du Salagou dans l'Hérault

Emmanuelle Pagano : "Le lac du Salagou a recouvert les vignes de mon grand-père, je me sentais fille de ce lac"

22 min

Emmanuelle Pagano publie un roman en partie autobiographique dont le coeur est la relation entre l'Homme et l'eau. Elle mène une enquête sur une vallée, son histoire, et s'interroge sur son enfance pour construire un roman comme une reconstitution à partir de quelque chose qui a disparu...

Le Lac du Salagou dans l'Hérault
Le Lac du Salagou dans l'Hérault Crédits : MONTICO Lionel / Hemis - AFP

Aujourd'hui, dans Paso Doble :

Emmanuelle Pagano, écrivaine, pour Trilogie des rives, volume 2, Saufs riverains, aux éditions P.O.L..

Le lac du Salagou dans l'Hérault est né sur deux ans, c’est à peu près au moment de ma naissance qu’il a recouvert les vignes de mon grand-père, je me suis longtemps interrogée sur cette coïncidence... Je me sentais fille de ce lac.

Résumé de l'éditeur

Saufs Riverains est la deuxième partie, après Ligne & Fils, d’une « Trilogie des rives » interrogeant la relation de l’eau et de l’homme, du naturel et du bâti, la violence des flux et celle des rives qui les contraignent. Ligne & Fils se penchait sur les rivières et les moulinages à leur bord, en empruntant deux vallées ardéchoises et en remontant sur le plateau d’où elles dévalent, pour écrire une histoire de famille en deux rivières. Dans ce deuxième volume, Emmanuelle Pagano s’est intéressée à l’ennoyage, par un lac de barrage, d’une vallée géologiquement riche et marquée, la vallée du Salagou, où son grand-père paternel possédait deux petites vignes, aujourd’hui sous l’eau, dont elle n’a connu qu’une image : la photo des dernières vendanges. Cette photo a été prise par sa mère, dans le ventre rond de laquelle elle était alors prête à naître. Les vannes du barrage étaient déjà fermées. Au moment de sa naissance, de la perte des eaux de sa mère, les vignes du père de son père étaient noyées. Dans ce livre comme dans les deux autres volumes de la trilogie, elle a eu le même souci de mettre en mots, pour mémoire, ce qui disparaît ou va disparaître, avec cette différence que celui-ci relate des éléments en grande partie autobiographiques.

Je mets en scène des faux souvenirs, même les souvenirs qu’on me raconte sont forcément falsifiés comme tout souvenir, c’est donc plutôt une reconstitution à partir de quelque chose qui a disparu, la question de la perte m’intéressait : avoir l’impression d’avoir perdu quelque chose alors qu’on ne l’avait pas... En effet, je ne connaissais pas les vignes de mon grand-père, la ferme qui a été perdue je la connaissais encore moins puisque cela date de cinq générations avant moi, mais j’ai l’impression que c’est quand même une perte...

Le plateau du Larzac, près du village La Cavalerie, en 2011
Le plateau du Larzac, près du village La Cavalerie, en 2011 Crédits : ERIC CABANIS / AFP - AFP

J’écris beaucoup par rapport à la nature, mais ce n’est pas la nature, ce sont les paysages : la relation de l’Homme dans cette nature, comment on construit, comment on enlève des forêts, comment on construit des chemins etc... c’est une oeuvre depuis le néolithique.

Chroniques

6H25
3 min

Les Émois

Monstres et merveilles : HEY !, numéro 29, est arrivé.
Intervenants
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......