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Photo de famille de Juan F. Thompson avec son père, Hunter S. Thompson

Juan F. Thompson : "La vie de mon père, Hunter S. Thompson, était une forme de rébellion contre son éducation bourgeoise"

20 min

Juan F. Thompson est le fils de Hunter S. Thompson, figure majeure de la contre-culture américaine des années 60-70, tête de file du mouvement gonzo, qui expérimentait une forme nouvelle de journalisme. L'auteur raconte son enfance et les méandres de la relation complexe avec ce père incontrôlable.

Photo de famille de Juan F. Thompson avec son père, Hunter S. Thompson
Photo de famille de Juan F. Thompson avec son père, Hunter S. Thompson Crédits : © Courtesy of the Hunter S. Thomspon Archive

Aujourd'hui dans Paso Doble :

Juan F. Thompson, écrivain, pour Fils de gonzo, aux éditions Globe.

Lorsque j’ai commencé à écrire ce livre, je voulais rappeler aux gens que mon père n’était pas simplement le personnage caricatural que l’on décrit souvent, qu’on retrouve dans les comics de Garry Trudeau, au-delà de ça mon père était un écrivain et un journaliste et je voulais le faire savoir. Il m’a fallu dix ans pour écrire ce livre.

Résumé de l'éditeur

Inventeur d’un genre littéraire, le gonzo, Hunter S. Thompson était le wild man de la presse américaine, mais aussi et surtout l’un des grands auteurs du XXe siècle.
Il se mettait en scène comme élément principal de ses reportages, écrivait sur les gangs de motards et la contre-culture des années 1960, sur les élections présidentielles et les drogues psychédéliques. Et vivait une vie sulfureuse animée par un cocktail d’alcool et de cocaïne… jusqu’à son suicide, en 2005. Dans Fils de gonzo, Juan F. Thompson raconte l’histoire de ce père pas comme les autres et se confie sur son enfance, forcément compliquée quand on est élevé par l’auteur génial mais fou de Las Vegas parano : « Mais ce qui importe davantage pour moi, c’est qu’il était mon père et que j’étais son fils. Et aucun fils ne peut échapper à ce qu’implique cette relation. Bons ou mauvais, faibles ou forts, vivants ou morts, proches ou distants, nos pères sont avec nous. »

Photo de famille de Juan F. Thompson
Photo de famille de Juan F. Thompson Crédits : © Courtesy of the Hunter S. Thomspon Archive

Alors même que je décrivais les méandres de notre relation, je me suis aperçu qu’il fallait que je sois aussi honnête que possible quant à sa vie, sa véritable identité et certaines choses qu’il fallait mettre dans le récit, embarrassantes pour lui. Mais l’écriture après son décès m’a affranchi d’un certain nombre de problèmes, ça m’a permis de raconter l’histoire dans sa totalité.

Photo de famille de Juan F. Thompson
Photo de famille de Juan F. Thompson Crédits : © Courtesy of the Hunter S. Thomspon Archive

La vie de Hunter S. Thompson était une forme de rébellion contre son éducation bourgeoise dans une ville conservatrice du Kentucky. La mienne aurait pu prendre la forme d’une rébellion contre les excès de Hunter, l’insécurité qu’il faisait régner, l’imprévisibilité de la vie de famille. Je voulais me distinguer de lui, mener une vie différente de la sienne. Hunter cherchait délibérément à perdre la maîtrise de lui-même et prenait de la drogue à titre expérimental.

Photo de famille de Juan F. Thompson
Photo de famille de Juan F. Thompson Crédits : © Courtesy of the Hunter S. Thomspon Archive

À certains égards, Hunter S. Thompson m’a influencé, je suis moi aussi intéressé par la politique, quant aux armes à feu, c’était un lien entre nous… Si nous avions été plus similaires, nous aurions eu un lien par le football américain ou le basket mais nous étions très différents… Les armes à feu sont devenues un point commun, on les nettoyait, on s’amusait à tirer dehors etc… bizarrement, j’en conviens, on a eu des moments de tendresse alors qu’on nettoyait nos armes à feu, ça c’était le partage.

Photo de famille de Juan F. Thompson
Photo de famille de Juan F. Thompson Crédits : © Courtesy of the Hunter S. Thomspon Archive

On peut dire que Hunter représentait la vie de l’époque, il y avait des qualités mais aussi des inconvénients et le désir de créer des choses nouvelles en faisant des expériences. On rejetait la culture des années 30, 40, 50 et le conformisme étouffant de l’époque.

C’était une très bonne chose de vouloir s’affranchir de tout ça, d’avoir cet oxygène, mais c’était dans la démesure, ils ont tout rejeté en bloc, toutes les règles ont été mises de côté, même le bon sens en a pâti. Dans cet enthousiasme visant à tout réinventer, dans cette confiance en l’improvisation, l’instinct d’intuition, pas mal de dégâts ont été causés…

Aux Etats-Unis il y a eu un retour en faveur du conformisme, de ce qui est conventionnel, ce n’est pas nécessairement formidable mais ce qui ne me manque pas c’est l’égocentrisme de l’époque…

Chroniques

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Les Émois

"Bifrost" n°86 - spécial Richard Matheson

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