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Rei Naito, humain, et flacon irradié, collection of Hiroshima Peace Memorial Museum

Rei Naito : "Quand je me suis confrontée à la catastrophe d'Hiroshima et ai créé une oeuvre, j’ai voulu offrir un espace de recueillement"

21 min

L'artiste japonaise Rei Naito expose actuellement à la MCJP à Paris "émotions de croire", une installation ancrée dans la relation de l'artiste à la catastrophe d'Hiroshima, sa ville natale. Une oeuvre comme une prière qui dialogue avec son environnement et plonge le regardeur dans le recueillement.

Rei Naito, humain, et flacon irradié, collection of Hiroshima Peace Memorial Museum
Rei Naito, humain, et flacon irradié, collection of Hiroshima Peace Memorial Museum Crédits : © Naoya Hatakeyama, Courtesy of Gallery Koyanagi

Aujourd'hui, dans Paso Doble :

Rei Naito, artiste plasticienne, pour sa nouvelle installation émotions de croire à la Maison de la culture du Japon à Paris jusqu’au 18 mars 2017.

J’avais une très forte réticence à prendre la catastrophe d’Hiroshima comme sujet de ma création mais une occasion s’est présentée il y a quatre ans et j’ai créé un espace de recueillement au Hiroshima Prefectual Art Museum : « Tama / anima (please breathe life into me) ». La catastrophe n’est pas l’axe autour duquel j’ai bâti ma carrière mais quelque part au fond de mon cœur, cet aspect a sans doute toujours existé…

Rei Naito, Tama / anima (please breathe life into me), vue de l’installation au Hiroshima Prefectual Art Museum, Hiroshima
Rei Naito, Tama / anima (please breathe life into me), vue de l’installation au Hiroshima Prefectual Art Museum, Hiroshima Crédits : Naoya Hatakeyama, Courtesy of Gallery Koyanagi, 2013

L'exposition

C’est à Hiroshima, sa ville natale, que Rei Naito présente en 2013 la première de ses œuvres s’inscrivant dans une réflexion sur la bombe atomique. Intitulée tama / anima (please breathe life into me), elle représente un espace pour les morts et les vivants.

Pour le 3e volet de Transphère – cycle d’expositions consacré à la création contemporaine japonaise – l’artiste réactualise cette installation en proposant une œuvre épurée propice au recueillement. Sur un socle sont disposés des flacons irradiés, fondus, témoins de la catastrophe de Hiroshima et de ses conséquences. De petites sculptures de forme humaine, intitulées humain, sont placées aux côtés de ces flacons. Leur présence est un symbole d’espérance. Ces artefacts ne cachent pas leur fragilité, soulignant celle de l’existence, et composent un nouveau lieu de mémoire. Exprimant l’inexprimable, l’œuvre de Rei Naito invite à la contemplation.

Rei Naito, émotions de croire, 2017
Rei Naito, émotions de croire, 2017 Crédits : © Graziella Antonini
Rei Naito, émotions de croire, 2017
Rei Naito, émotions de croire, 2017 Crédits : © Graziella Antonini

On disait que 75 ans après la catastrophe d'Hiroshima, les plantes ne repousseraient plus. Pourtant, à partir de la poussière, sans que personne ne plante rien, la vie est réapparue, les feuilles ont poussé, c’est quelque chose de délicat mais ça m’a touchée.

Rei Naito, émotions de croire, 2017
Rei Naito, émotions de croire, 2017 Crédits : © Graziella Antonini
Rei Naito, émotions de croire, 2017
Rei Naito, émotions de croire, 2017 Crédits : © Graziella Antonini

Quand je crée, je forme une prière. En tant que créatrice, je ne veux pas créer de par ma volonté personnelle uniquement. En tant qu’être humain né sur cette terre sans le vouloir mais qui existe, je reçois la lumière, le vent, le temps. Je bénéficie de toutes ces choses fantastiques qui me permettent de vivre. Percevoir cela, et le transmettre, c’est ça la création.

Rei Naito, émotions de croire, 2017
Rei Naito, émotions de croire, 2017 Crédits : © Graziella Antonini

Exposées à côté des flacons irradiés, il y a de petites sculptures d’humains. Ce ne sont pas des « êtres humains », ce sont des figures auxquelles je donne une mission : ils croient tout ce qu’ils voient, ils ne doutent pas et ce qu’ils voient en face d’eux, c’est l’espoir.

Merci à la traduction simultanée d'Agnès Martin.

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