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Sarah Jérôme, Rootless, Grès émaillé et ciré, 42 x 48 x 32 cm, 2016

Sarah Jérôme : "J’aime l’idée que dans l’ombre, il peut y avoir de la lumière"

20 min

La galerie Da-End à Paris accueille dans une intime pénombre l'exposition de Sarah Jérôme qui mêle dessin, peinture et sculpture et qui déploie un monde habité de forces contraires que l'artiste cherche à faire cohabiter dans une oeuvre forte marquée par l'onirisme.

Sarah Jérôme, Rootless, Grès émaillé et ciré, 42 x 48 x 32 cm, 2016
Sarah Jérôme, Rootless, Grès émaillé et ciré, 42 x 48 x 32 cm, 2016 Crédits : Courtesy de l'artiste et la Galerie Da-End

Aujourd'hui, dans Paso Doble :

Sarah Jérôme, artiste plasticienne pour son exposition Les éclats du crépuscule à la galerie Da End à Paris jusqu’au 25 février 2017.

Le corps est aujourd’hui une forme de territoire qui est à la fois un objet intime et un support de communication, d’auto-célébration, nous sommes dans une ère de la surveillance où l’on montre ce qu’on fait, ce qu’on est sous forme d’avatar, et en même temps, on a besoin d’intimité, de se recentrer dans une cellule restreinte. Je trouve intéressante cette dichotomie qui caractérise l’homme.

Sarah Jérôme entourée de ses oeuvres "Surrender" et la série «Les Jardins», à la galerie Da-End
Sarah Jérôme entourée de ses oeuvres "Surrender" et la série «Les Jardins», à la galerie Da-End Crédits : Courtesy Galerie Da-End
Vue d'exposition avec en premier plan la sculpture "Surrender", Céramique cirée, Environ 185 x 80 x 25 cm (dimensions variables), 2016
Vue d'exposition avec en premier plan la sculpture "Surrender", Céramique cirée, Environ 185 x 80 x 25 cm (dimensions variables), 2016 Crédits : Courtesy de l'artiste et la Galerie Da-End
Vue d'exposition, 2016
Vue d'exposition, 2016 Crédits : Courtesy de l'artiste et la Galerie Da-End

Dans mon travail, j’ai tendance à vouloir réparer, rassembler, faire cohabiter des choses qui ne sont pas faites pour cohabiter ensemble. J’utilise des matières qui sont souvent contradictoires, illogiques : je peux juxtaposer de la céramique avec de la cire ou de l’huile avec du calque.

Sarah Jérôme, Série «Les Jardins» (détail), Technique mixte sur papier calque, 33 x 40 cm, 2016
Sarah Jérôme, Série «Les Jardins» (détail), Technique mixte sur papier calque, 33 x 40 cm, 2016 Crédits : Courtesy de l'artiste et la Galerie Da-End
Sarah Jérôme, Vénus, Technique mixte sur papier calque 132 x 102 cm, 2016
Sarah Jérôme, Vénus, Technique mixte sur papier calque 132 x 102 cm, 2016 Crédits : Courtesy de l’artiste et la Galerie Da-End
Sarah Jérôme, Trapped, Technique mixte sur papier, 80 x 60 cm, 2016
Sarah Jérôme, Trapped, Technique mixte sur papier, 80 x 60 cm, 2016 Crédits : Courtesy de l'artiste et la Galerie Da-End

La galerie Da-End offre un écrin aux oeuvres, elle les donne à voir dans la pénombre, dans une intimité, presque un certain recueillement.

Extrait du texte de présentation de l'exposition de la galerie Da-End

Des fragments de corps épars, masculins et féminins, peuplent le nouveau corpus d’oeuvres de Sarah Jérôme et traduisent une volonté plastique persistante chez l’artiste d’ancrer l’expérience humaine dans la chair. Réaffirmant l’existence d’un continuum entre corps et esprit, Sarah Jérôme imagine l’homme en prise d’un mouvement incessant d’oscillation entre ombre et lumière, souffrance et guérison.

Les nombreux médiums dont elle use, choisis pour leur sensorialité mais aussi leur sémantique, approfondissent visuellement cette réflexion : attraction/répulsion de l’huile et du calque, chimiquement incompatibles, qui fusionnent pourtant en un ballet singulier de couleurs, coulures et liants sédimentés.
Ailleurs, douceur haptique de la cire – matériau culturellement lié à l’idée de réparation, qui vient partiellement recouvrir les pièces de céramique, pansant ainsi les plaies métaphoriques des corps meurtris tant par les épreuves que la société-même.

Il existe dans toutes les oeuvres de Sarah Jérôme une ambiguïté irréductible qui sensibilise le spectateur à une vision non manichéenne du monde, tapissée au contraire de zones grises d’une troublante attraction. Au point du jour ou bien à la tombée de la nuit, alors que l’âme hésite entre le doute et l’espoir, Sarah Jérôme nous enjoint à priser les éclats de lumière tapis dans chaque coin d’ombre. Une esthétique du contraste qui se traduit en images intenses et vulnérables à la fois, à la beauté crépusculaire.

Musique choisie par l'invitée

Ruppert Pupkin, album Run, 2016

Les liens

Le site de Sarah Jérôme
Le site de la galerie Da End
Le facebook de la galerie Da End

Chroniques

6H25
3 min

Les Émois

"Les parapluies d'Erik Satie" de Stéphanie Kalfon ou éloge de l'in(Satie)sfaction
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