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Grande Terre, Pointe-à-Pitre, Guadeloupe

Stéphane Pair : "Mon roman a pour but de parler de la société antillaise"

21 min

Stéphane Pair, journaliste, signe un premier polar mis en musique par de multiples voix, ancré en Guadeloupe, terre de spiritualités et de contes, et dont l'histoire se déroule dans les années 90, une période où le trafic de drogue explose dans cette zone.

Grande Terre, Pointe-à-Pitre, Guadeloupe
Grande Terre, Pointe-à-Pitre, Guadeloupe Crédits : GUIZIOU Franck / Hemis - AFP

Aujourd'hui, dans Paso Doble :

Stéphane Pair, journaliste et écrivain, pour Elastique Nègre, aux éditions Fleuve Noir.

La question de la moralité ne m’intéressait pas en écrivant ce livre, j’insuffle vie à mes personnages : dealer à Pointe-à-Pitre ou narcotrafiquant à Nassau aux Bahamas, ces gens-là n’ont pas vraiment de morale, ils sont dans une économie de la survie et c’est ce que je voulais montrer. Derrière ces étiquettes, il y a une épaisseur, des histoires…

Résumé de l'éditeur

« Elle n’a pas senti mon amour se gâter à l’ombre grandissante de ma colère. Rien n’est venu et j’ai décidé ce soir de relâcher l’orage. »
Vieux-Bourg, Guadeloupe.

Sous la lune, le chasseur de crabes a vu progresser un groupe d’hommes dans la mangrove. C’est là, dans les entrailles mêlées de la terre et des eaux, qu’on retrouve le corps d’une femme blanche.
Qui était-elle ?
Les rêves du lieutenant-colonel Gardé sont pleins d’amantes à la peau lisse et noire comme celle des boas. Il mène l’enquête sur le cadavre du canal des Rotours, mais se heurte au mutisme et à la méfiance. En tête des suspects, le jeune dealer Vegeta, cerveau du réseau local, roi parmi les chiens, consumé par une douleur secrète.
Des squats de Pointe-à-Pitre au volcan endormi de Montserrat, de Key West à Sainte-Lucie, une immersion envoûtante dans un monde où la beauté animale n’a d’égale que la bestialité qui sommeille au fond des hommes.

Plus que la documentation, ce qui fait la cuisine dans ce roman, ce sont les ressentis, l’utilisation des histoires, le vécu local –que je connais un peu, une partie de ma famille est de là-bas-, j’ai aussi une part d’imaginaire qui m’appartient par rapport à cette île, et une part de réel. Il y a un cocktail dans ce roman, le fruit de mon métier, en tant que journaliste je glane des faits divers, des histoires, et aussi une part d’intuition, d’instinct, dans la captation des ambiances et des personnages.

Grande Terre, Pointe-à-Pitre, Guadeloupe
Grande Terre, Pointe-à-Pitre, Guadeloupe Crédits : DU BOISBERANGER Jean / Hemis - AFP

C’est ce syncrétisme qui fait de la culture créole, antillaise ou guadeloupéenne quelque chose d’unique au monde, un carrefour des croyances.

...

J’ai une connaissance de la Guadeloupe à travers l’écoute de la voix de ma grand-mère et du créole qu’elle pouvait parler, ou de ma mère quand elle peut s’énerver et parle en créole plutôt qu’en français, mais finalement, j’ai aussi une certaine distance avec la Guadeloupe et ça me permet de réussir à inventer, à faire fonctionner l’imaginaire et ne pas être précisément que dans la réalité. Mais la langue est une question importante dans mon roman parce que je voulais non pas inventer une langue mais réussir à retranscrire dans une littérature de langue française ce que pouvait être l’écoute, la musique du créole.

Chroniques

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Bibliographie

Intervenants
  • journaliste au service police justice de France Info et écrivain
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