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Paysage de Galicie, Espagne, le lieu de l'intrigue du nouveau roman de Victor del Árbol

Victor del Árbol : "Les hommes sont comme les arbres, le plus important est ce qui ne se voit pas : les racines"

20 min

Victor del Árbol publie un nouveau roman policier questionnant puissamment l'identité, où les personnages enfermés dans leur passé tentent de vivre ou survivre avec les traumas qui y sont attachés. Au centre de l'intrigue, la dictature argentine, les histoires d'amour, personnelles, se ramifient.

Paysage de Galicie, Espagne, le lieu de l'intrigue du nouveau roman de Victor del Árbol
Paysage de Galicie, Espagne, le lieu de l'intrigue du nouveau roman de Victor del Árbol Crédits : Andrea Pistolesi / AGF / Photononstop - AFP

Aujourd'hui dans Paso Doble :

Victor del Árbol, écrivain, pour La veille de presque tout, aux éditions Actes Sud / Actes noirs.

Entretien traduit simultanément par Pascale Fougère.

Tous les personnages de ce roman ont un problème très important avec leur passé mais aussi leur présent, ce sont des gens qui ne savent pas vivre car ils sont pris dans leur passé, je crois qu’aujourd’hui, les êtres humains sont ainsi : nous vivons le présent parce que c’est notre quotidien mais continuellement, nous basculons entre notre passé, nos souvenirs et un futur hypothétique plein d’espoirs et de désirs. Cette contradiction entre ce que nous avons été et ce que nous aimerions être dilue ce que nous sommes vraiment.

Je dis toujours que nous avons trois cercles : le premier est celui que l’on partage avec les autres, fait d'apparences et fonctions, c'est un confortable costume. Il y a un cercle plus petit, celui de la famille, où l’on est plus fragile, un cercle un peu plus réel. Mais ce qui m’intéresse en tant qu'écrivain, c’est le dernier cercle, le cercle secret, pas uniquement fait de ce que nous cachons aux autres mais avant tout de ce que l’on ignore de nous-mêmes. C’est là qu’est la véritable identité de nous.

Espagne, Galicie, Ribadeo
Espagne, Galicie, Ribadeo Crédits : Philippe TURPIN / Photononstop - AFP

Résumé de l'éditeur

L’inspecteur Ibarra a été transféré depuis trois ans dans un commissariat de sa Galice natale après avoir brillamment résolu l’affaire de la petite disparue de Málaga. Le 20 août 2010, 0h15, il est appelé par l’hôpital de La Corogne au chevet d’une femme grièvement blessée. Elle ne veut parler qu’à lui. Dans un sombre compte à rebours, le récit des événements qui l’ont conduite à ce triste état fait écho à l’urgence, au pressentiment qu’il pourrait être encore temps d’éviter un autre drame.
À mesure que l’auteur tire l’écheveau emmêlé de ces deux vies, leurs histoires – tragiques et sublimes – se percutent de plein fouet sur une côte galicienne âpre et sauvage.
Une fillette fantasque qui se rêvait oiseau marin survolant les récifs, un garçon craintif qui, pour n’avoir su la suivre, vit au rythme de sa voix, un vieux chapelier argentin qui attend patiemment l’heure du châtiment, un vétéran des Malouines amateur de narcisses blancs…
Aucun personnage n’est ici secondaire et l’affliction du passé ne saurait réduire quiconque au désespoir. Chacun est convaincu que le bonheur reste à venir, ou tente pour le moins de s’inventer des raisons de vivre. C’est ainsi que, dans ce saisissant roman choral, l’auteur parvient à nimber de beauté l’abjection des actes, et de poésie la noirceur des âmes.

Dans notre époque, l’image privée et l’image publique sont en conflit irraisonnable, nous vivons de ce que les autres construisent de nous, on se forge un personnage à travers les réseaux sociaux, à travers les opinions des autres, c’est cette vérité qui devient univoque, unique. Peu de gens ont la volonté, le courage et le désir d’aller au-delà de ces apparences pour connaître la vérité vraie d’une personne. Lorsque je travaillais dans la police, c’était très évident, on attendait que je sois un professionnel, que je sois capable de mettre une distance émotionnelle entre les faits et les actions mais personne ne pouvait considérer que moi aussi j’étais une personne et qu’évidemment tout ce à quoi j’étais confronté en tant que professionnel m’affectait en tant que personne, nous ne sommes pas des machines.

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Bibliographie

La veille de presque tout Victor del ÁrbolActes Sud / Actes noirs, 2017

Intervenants
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