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Parc National Torres del Paine en Patagonie chilienne

Xavier Ricard Lanata : "Nous pensons que nos techniques nous ont rendus maîtres de la nature mais nous sommes plus que jamais dépendants d’elle"

20 min

Xavier Ricard Lanata, ethnologue fasciné par le rapport à l'altérité, écrit le récit de sa vie et l'invitation au désir de "vivre bien". Il retrace un chemin d'apprentissage aux côtés de sociétés "non modernes" qui ont formé ses convictions et esquisse le programme pour un monde solidaire et viable.

Parc National Torres del Paine en Patagonie chilienne
Parc National Torres del Paine en Patagonie chilienne Crédits : Philippe Giraud / Biosphoto - AFP

Aujourd'hui dans Paso Doble :

Xavier Ricard Lanata, ethnologue, philosophe et écrivain, pour Blanche est la Terre, aux éditions du Seuil.

Je suis issu d’une famille franco-péruvienne, depuis le berceau j’ai été fasciné par ce rapport à l’altérité qui m’a structuré et qui m’a donné le désir de devenir ethnologue.

Résumé de l'éditeur

On ne compte plus les dangers qui menacent notre planète livrée au pillage et à la destruction. Mais notre Terre est aussi riche de toutes les couleurs du spectre, de toutes les merveilles.
Blanche est la Terre est un parcours initiatique mêlant récit de voyage, ethnologie, poésie, écologie et économie humaine. Il nous conte la beauté du monde. Des hauts plateaux andins aux contreforts de la vallée du Zambèze, des sociétés sans écriture aux soubresauts de la mondialisation contemporaine, l’auteur explore les ressorts de notre modernité. Il en tire une leçon : il nous faut apprendre à faire l’épreuve de notre commune humanité en refusant l’enfermement et le repli, qui nous condamnent à devenir ce que les Andins appellent des kukuchi, des morts-vivants.
Des défis des paysanneries du monde à la sagesse de Pierre Rabhi, c’est un chemin de pèlerinage vers une nouvelle civilisation fraternelle et écologique. Un voyage de conversion esthétique et spirituelle pour habiter, ensemble, une Terre fragile.

Zimbabwe, province de Matabeleland, rivière Zambeze au niveau des chutes de Victoria classées au patrimoine mondial par l'UNESCO
Zimbabwe, province de Matabeleland, rivière Zambeze au niveau des chutes de Victoria classées au patrimoine mondial par l'UNESCO Crédits : ESCUDERO Patrick / hemis.fr / Hemis - AFP

Tant que nous serons obsédés par notre propre bien-être, toujours à la recherche de nos semblables voire de nos identiques –parce qu’on ne se sent jamais aussi bien qu’avec ses identiques , du moins nous sommes tentés de le croire-, nous érigerons des murs, des barricades, des frontières, et il ne nous restera plus d’autres ressources pour vivre que de consommer pour nous donner l’illusion d’être vivant.

Glacier Perito Moreno, parc national Los Glaciares, Argentine
Glacier Perito Moreno, parc national Los Glaciares, Argentine Crédits : Philippe Giraud / Biosphoto - AFP

Il y a un rapport étroit qui s’établit entre les relations sociales, les relations avec l’environnement et l’ambiguïté entre la dépendance et l’autonomie : l’Homme doit se ménager des espaces d’autonomie, de liberté mais sans jamais perdre à l’esprit le fait qu’en définitive il doit rester humble face aux forces qui gouvernent son devenir, les forces de la nature.

On a perdu la conscience de ce rapport complexe toujours ambigu et à ré-explorer entre l’autonomie et la dépendance. Nous pensons que nous sommes capables d’autonomie parce que les instruments techniques que nous avons à disposition nous ont rendus en apparence maîtres et possesseurs de la nature, c’est faux. Nous sommes encore plus que jamais dépendants d’elle, il suffit de regarder les bouleversements climatiques, les catastrophes.

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