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Michel Journiac, "24 heures de la vie d'une femme ordinaire" ou la femme de 1974, vue et interprétée par l'artiste, entre réalités et "phantasmes"

Les Brouillis ou l’Identité, c’est pour les papiers

28 min
À retrouver dans l'émission

L’homme Michel Journiac se photographie en femme au foyer. Sarah Bernhardt joue l'Aiglon et l’acteur noir Adrian Lester, Hamlet. Posant en robe du soir, Iggy Pop raille l'idée du glamour. Marcel Duchamp pose en Rrose Sélavy, personnage fictif. Comment les artistes brouillent-ils avec les identités?

Michel Journiac, "24 heures de la vie d'une femme ordinaire" ou la femme de 1974, vue et interprétée par l'artiste, entre réalités et "phantasmes"
Michel Journiac, "24 heures de la vie d'une femme ordinaire" ou la femme de 1974, vue et interprétée par l'artiste, entre réalités et "phantasmes" Crédits : Michel Journiac/ADAGP/Photo en Une de la BDC EXPOSITIONS/2021

Les « brouillis », comme les appelle Charles Dantzig, sont particulièrement nombreux au théâtre, des femmes jouant des rôles d'homme, des noirs interprétant des blancs...

Personnages et acteurs traversent les genres... les personnalités se dédoublent. Artistes, plasticiens, cinéastes, créent des personnages qui brouillent les genres, déjouent les stéréotypes, troublent le spectateur, signent une interrogation, une angoisse. 

"Un personnage, rappelle Charles Dantzig,  n'est pas représentatif d'une collectivité. Il n'est pas revendicatif, il est un individu dont la leçon peut être entendue par d'autres que ceux de sa communauté, c'est le principe même de l'œuvre d'art. Depuis toujours l'art a traversé les frontières de l'identité, en s'en moquant bien, car l'identité c'est pour les papiers !"

Qui sont ces personnages et ces interprètes qui traversent les genres et les couleurs, pour en parler, Charles Dantzig reçoit Martin Béthenod, ancien directeur général délégué de la collection Pinault à la Bourse de commerce, à Paris.

Pour Martin Béthenod, "L'art est une comédie, un brouillage". Charles Dantzig précise qu'il s'agit "de transposer, de donner l’idée de quelque chose par un autre moyen que la chose même. De là le trouble, un trouble qui élargit les idées."

Martin Béthenod rappelle que "Les années 1970 marquent l'explosion de ce brouillage", héritières de l'avant garde du début du XXe siècle et de l'influence de la culture camp... 

Pour son ouverture, la Bourse de Commerce-Pinault Collection met en avant, Michel Journiac, Martha Lewis, Cindy Sherman, Louise Lawler, Richard Prince et Sherrie Levine, artistes qui proposent des photographies libérées de ce qui serait le simple enregistrement du réel, afin qu'elle "fictionne", "brouille les notions d’identité, s’ouvre de nouveaux questionnements sur l’art, le genre, l’identité". 

Michel Journiac est ainsi présenté :

"chez Michel Journiac, la photographie devient une arme dans la lutte contre les stéréotypes qu’elle a, dans d’autres contextes, contribué à établir (...) En 1974, il se travestit pour vivre une journée de la vie d’une femme et accomplir ses tâches quotidiennes : 24 heures de la vie d’une femme ordinaire fait un usage novateur de l’image photographique. Divisée en deux sous-séries, Réalités et Phantasmes, l’oeuvre rend compte d’une « action photographique » en jouant de l’esthétique du roman-photo, la première série montre une « bourgeoise » qui tente de s’émanciper par le travail, tout en s’astreignant aux tâches ménagères. La seconde donne à voir les fantasmes - rêves ou cauchemars - que cette femme ordinaire peut nourrir dans le secret de son quotidien. (...)Au-delà du travestissement parodique, Michel Journiac construit une image transgenre, manifeste pour un corps remettant en cause la norme et mettant en avant diverses beautés, de la prostituée à la femme d’intérieur".

A propos d'Iggy Pop, posant en robe avec un sac Dior, Martin Béthenod note

"derrière l'apparence glamour, la superficialité, il s'agit de faire apparaître des éléments contestataires ou angoissés, des troubles dans le genre..."

Photographié à l'origine pour une série de photos pour le New York Times, Iggy Pop a porté le sac "Lady" de Dior, lors de la campagne 2011
Photographié à l'origine pour une série de photos pour le New York Times, Iggy Pop a porté le sac "Lady" de Dior, lors de la campagne 2011 Crédits : Iggy Pop / Dior / NYT

Charles Dantzig revient sur le portrait de Simon Vouet, "L'homme à la figue",  le jeune travesti a "un geste qui envoie le spectateur se faire voir"… sans oublier le sens sexuel du mot "figue" en argot italien : le sexe de la femme.

"L'homme à la figue" par Simon Vouet (Paris 1590 - Paris 1649), jeune homme travesti en femme (Musée des beaux Arts de Caen)
"L'homme à la figue" par Simon Vouet (Paris 1590 - Paris 1649), jeune homme travesti en femme (Musée des beaux Arts de Caen) Crédits : Simon Vouet

Bibliographie
Catalogue et lien collection Pinault à la Bourse de commerce
Copi, Eva Peron, Bourgois
Blake Edwards, La Party, DVD
Blake Edwards, La Panthère rose, DVD
Jim Jarmush, Dead Man, DVD
Orson Welles, Othello, DVD  

En référence 

Le secret professionnel des travestis

Le secret professionnel d’une chorégraphe transexuelle et du genre des princesses, Phia Ménard

Charles Dantzig et Personnages en personne sur Facebook : https://www.facebook.com/charles.dantzig
Instagram : cdantzig

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