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Faut-il vraiment se souvenir de cette année d'élections ?

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Pour la dernière de ce Précis, ce sera un conseil collectif : aux élus, petits nouveaux, anciens expérimentés, usés ou perdants, aux électeurs convaincus, déçus, stratèges ou abstentionnistes... avec une question en forme de bilan : que faut-il donc retenir de cette année d'élections ? Ou pas...

Ces derniers jours, vous avez peut-être eu un sentiment étrange... c’est comme s’il manquait quelque chose, comme si vous étiez désœuvrés, comme si, pour une fois, depuis septembre, on ne vous sommait pas de suivre attentivement un feuilleton politique et de prendre parti.

Oui, ces derniers jours étaient des jours sans campagne ni élections, sans sondages ni pronostics, seulement des jours normaux, et ça n'est que le début... Mais la fin des élections signifie-t-elle vraiment la fin de ce qui s'est passé avec ces élections ? Puisque tout ne fait que commencer, que faut-il, pour la suite, plutôt retenir de cette année ?

Pour ce dernier Précis, qui est donc une sorte de bilan sous forme de « best of », de meilleurs moments, on peut d'abord commencer par la fin, la fin en tout cas des deux finalistes qui avaient pourtant rythmé la campagne précédente, de 2012 : François Hollande et Nicolas Sarkozy dont le renoncement du premier et l'élimination du second ont marqué cette campagne sous le signe du renouveau... Renouveau auquel la chute de certains a d'ailleurs fortement contribué, et c'était bien un autre moment marquant de cette campagne :

François Fillon et les affaires bien sûr... auxquels on peut aussi ajouter cet autre moment marquant :

La défaite des partis traditionnels, comme l'explique Jean-Christophe Cambadélis... En somme, entre la déroute des uns et la résignation des autres, retenir les moments marquants de cette année prend plutôt des allures de ce que Nietzsche appelle la « rumination ».

Et c'est vrai que si ces moments ont peut-être marqué ces élections, sont-ils pour autant inoubliables ? Autrement dit, faut-il vraiment les retenir ? Et si, au contraire, la question n'était pas : que faut-il retenir, mais plutôt que faut-il oublier ?

Oui, quand on écoute Jean Lassalle parler de sa femme, on peut se dire qu'on préfère oublier, et on peut même se dire qu'oublier, ce n'est pas seulement une défaillance, une faiblesse que l'on subit, mais que ça peut être une chance, que comme le dit encore Nietzsche, ça peut même être, je cite, un « pouvoir actif, une faculté d’enrayement dans le vrai sens du mot », de quoi faire de la place aux choses nouvelles et de quoi être capable « de s'asseoir au seuil de l'instant », pour en accueillir un comme ça, par exemple : le coup d’éclat de Philippe Poutou…

Oublier pour être dans l'instant, et non dans l'histoire, nous dit Nietzsche, oublier pour agir et là, sûrement faire l'histoire, oublier, on pourrait ajouter, pour savoir, à l'inverse aussi, dédramatiser et un peu rigoler.

CONSEIL

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