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Fantômes et revenantes avec Mouna Saboni & Didier Blonde

49 min
À retrouver dans l'émission

- Par Emilie Chaudet et François Angelier -

Didier Blonde & Mouna Saboni
Didier Blonde & Mouna Saboni Crédits : Chloé Leblond - Radio France

« Je cherche l’or du temps », gravés sur le tombe d’André Breton, ces mots, notre invité de ce soir, l’écrivain, explorateur du cinéma muet et de la littérature populaire, Didier Bonde pourrait les faire pour siens tant il est engagé avec la mémoire, depuis 25 ans, dans une étonnante partie de qui-perd-gagne. Pisteur de spectres, chasseurs de silhouettes, sourcier d’ombres vives, chacun des livres de ce « détective de la mémoire » est la tentative conjuratoire d’évocation d’une image mi-fuyante, mi-effacée, la quête à corps perdu d’une entité, qu’elle soit celle de Fantômas ou de Germaine Grandais, première star planétaire du cinéma muet, d’Arsène Lupin, de Baudelaire, et d’un fugace et oublié figurant de la Gaumont. La dernière présence à l’avoir magnétiser, c'est celle de Leïlah Mahi, femme des années 20, fruit du hasard cueilli au Père-Lachaise, et objet de son dernier livre, paru chez Gallimard, et Prix Renaudot Essai 2015.

Il y a des visages camouflés, des corps grignotés par l’obscurité, des regards floutés par des reflets d’eau ou de verre. Des corps en lutte pour sortir d’un anonymat politique et social et d’un flou que la photographe ne laisserait pas se limiter au purement artistique. Au début, elle croyait que sa voie serait journalistique et ce n’est d’ailleurs peut-être pas un hasard si ses photos sont très souvent accompagnées de mots. Les siens où ceux des personnes qu’elle fige sur sa pellicule. Le témoignage, la vie comme elle va ici, ou là-bas, d’un côté de la frontière ou de l’autre. Ce n’est peut-être pas un hasard non plus si elle choisit toujours des territoires restreints, enclavés, où elle s’installe plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant d’oser la première photo. Histoire de raconter un lieu à travers ces corps aux visages qui se dérobent, ou qui se cachent à moitié en ne laissant apparaître qu’un regard fixe, face objectif. Des corps comme ceux-ci, il y en a deux qui nous font face à l’institut du monde arabe en ce moment. Deux photos de femmes, sans nom ni âge. L’un au visage à moitié caché par la surface de l’eau, l’autre petite silhouette qui se devine dans un point de lumière au milieu du noir. Deux femmes qui rêvent de pouvoirs fantomatiques, celui de disparaître ou d’effrayer à leur tour ceux qu’elles essaient de fuir. "Je voudrais te parler de la peur", c’est le titre d’un travail mené en Egypte par la photographe Mouna Saboni.

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