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Pierre Fournié, Julie Doyon et Véronique Blanchard

Pierre Fournié, Julie Doyon et Véronique Blanchard

56 min
À retrouver dans l'émission

A la table ce soir Pierre Fournié et Julie Doyon

Pierre Fournié, Julie Doyon et Véronique Blanchard
Pierre Fournié, Julie Doyon et Véronique Blanchard Crédits : Martin Quenehen - Radio France

E X P O S I T I O N : "Présumées coupables - 14e-20e siècle" du 30 novembre au 27 mars aux Archives Nationales

Restituer la voix des femmes à travers les pièces de procédure de la fin du Moyen Âge au 20e siècle, telle est l'ambition de cette grande exposition. Plus de 320 procès-verbaux d'interrogatoires, qui sont parfois les seules traces écrites de destinées fragiles, nous livrent les propos tenus par des femmes confrontées aux juges qui les questionnent.

L'exposition privilégie cinq archétypes : la sorcière en Europe aux 16e-17e siècles, l'empoisonneuse, l'infanticide, la pétroleuse de la Commune de Paris et, enfin, la traîtresse incarnée le plus souvent par la femme tondue lors de la Libération.

Au-delà de la foule des anonymes jugées pour des « crimes atroces », seront bien sûr exposés les interrogatoires des personnalités : Jeanne d'Arc, La Voisin, La Brinvilliers, Violette Nozière, Arletty, etc.

De courts extraits, défilant sur écran, transcrits et traduits, permettront aux visiteurs de lire et entendre des fragments de propos évoquant la violence, la haine, les malheurs et, ça-et-là, l'amour, tels qu'un greffier les a notés dans les procès-verbaux d'interrogatoires, les « auditions de bouche », les confrontations aux témoins, les notes et plumitifs d'audiences, etc.

En regard de ces mots restitués, un environnement iconographique, particulièrement foisonnant, viendra rappeler à quel point l'image véhicule et accentue les stéréotypes dans l'imaginaire social, à travers notamment l'estampe, le livre illustré, la presse illustrée, la photographie, l'image animée (cinéma ou fiction télévisuelle). Confronter archives judiciaires et représentations sociales de la femme dangereuse est aussi un des buts de l'exposition.

Enjeux scénographiques : L'enjeu majeur réside dans la médiation qui va permettre au public de lire ou entendre des extraits de plus de 320 documents d'archives qui sont, pour la plupart, illisibles à cause des difficultés paléographiques et linguistiques (latin, dialectes européens). La consultation par les visiteurs de transcriptions intégrales de documents particulièrement riches sera possible, à l'écart du parcours principal.

L I V R E : "Présumées coupables, les grands procès fait aux femmes" Préface : Elisabeth Badinter - Fanny Bugnon, Pierre Fournié, Claude Gauvard, Michel Porret, Annick Tillier, Fabrice Virgili - Editions l'iconoclaste.

Ce livre est le résultat d’un travail colossal. Durant des mois, conservateurs et historiens ont exploré les Archives nationales avec pour objectif de rassembler pour la première fois les minutes de procès faits aux femmes. Des sorcières aux empoisonneuses, des communardes aux tondues de la Libération, ce sont les extraits les plus saisissants qui sont remis en scène.

Sur des procès verbaux d’interrogatoires ou des "auditions de bouche", face à des juges ou des témoins, ces paroles de femmes, par le truchement du document en fac-similé, résonnent à vif. Certaines sont émouvantes, comme celles de cette jeune femme analphabète accusée de sorcellerie et qui sera brûlée vive, d’autres, venant de Louise Michel ou Arletty, sont des morceaux de bravoure.

Mais d’un interrogatoire à l’autre, par la manière même dont il est mené, ce qui se dessine est plus frappant encore : la femme avant même d’être jugée, est "présumée coupable". -Présentation de l'éditeur-

L I V R E : "Mauvaises filles : incorrigibles et rebelles" Véronique Blanchard et David Niget - Editions Textuel

Si les « mauvais garçons » ont leurs héros, de Gavroche à Joey Starr en passant par James Dean, les « mauvaises filles » sont les invisibles de l'histoire. Dans cet ouvrage, Véronique Blanchard et David Niget dévoilent ces ombres fugaces qui surgissent au détour d'archives médicales ou judiciaires : « vagabonde », « hystérique », « fille-mère », « prostituée », « fugueuse », « cheffe de bande », « punk », « crapuleuse »...

Par le biais d'une vingtaine de portraits incarnés de « mauvaises filles » jugées immorales, de 1840 aux années 2000, ils rendent un visage et une histoire à ces destins orageux. Ils cartographient les lieux qu'elles traversent ou qui les enferment - lieux de perdition (fête foraine, guinguette, bal), de coercition (internat, couvent, prison, asile), de soumission (maison close, foyer familial). Étouffées et contraintes depuis des décennies par le poids des normes juridiques, religieuses, médicales, familiales, ces mineures « incorrigibles et rebelles » ont néanmoins fini, par leurs résistances, par devenir des actrices du changement social, culturel et politique. Alors, déviantes ou dissidentes ? - Présentation de l'éditeur-

D I S QU E D U J O U R : NOVA TWINS Album : Nova Twins EP Titre : Bassline B*tch

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Intervenants
  • Responsable du Centre d’exposition « Enfants en justice » (ENPJJ).
  • conservateur général du patrimoine, responsable du département de l’action éducative et culturelle, Archives nationales.
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